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 Insomnia.

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« Taylor Karen | Lully »

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MessageSujet: Insomnia.   Sam 23 Oct - 22:49

Listen to your heart.


Encore une fois Morphée faisait sa difficile et laissait Lully livrée à elle-même, seule dans cette pièce noire d’horreurs en tous genres.
Stupid thing.
Elle était restée là, les yeux rivés vers le néant un laps de temps assez long pour qu’elle finisse par s’impatienter et se décider à bouger. Si Morphée ne voulait plus d’elle, elle irait donc trouver le sommeil ailleurs. Elle vit la clé du petit auditorium trainer sur la table. Voilà donc où elle pouvait se rendre sans problème, même à 1h 35 du matin..
L’auditorium n’était qu’à quelques rues et s’est vêtue d’un simple pull en laine à grosse maille qui dénudait ses épaules ainsi qu’une jupe courte qu’elle s’y rendit. Elle n’était ni maquillée ni coiffée ni à vrai dire bien habillée. Mais là-bas, elle serait tranquille et il était peu probable qu’elle croise quelqu’un à cette heure-ci et puis à vrai dire peu importait à quoi elle ressemblait.
Il faisait froid dehors, vraiment trop, Karen aurait mieux fait de rester sous la couette au lieu de sortir à moitié à poil. Elle se dépêcha de pousser les portes de ce petit auditorium laissé à l’abandon et en oublia de fermer les premières portes.
Lully parcouru tranquillement l’allée centrale laissant glisser ses doigts sur le velours noir des sièges en songeant qu’elle devait peut-être laver un peu les lieux. Elle s’installa sur le petit siège devant le piano et ces doigts effleurèrent les touches puis s’abstiennent brièvement. Il faisait plus chaud à l’intérieur mais la jeune blonde souffla sur ses mains pour les réchauffer du froid qu’elle venait de braver à l’extérieur. Un tourbillon de sentiments étranges l’envahirent violemment et ses doigts se posèrent sur le clavier appuyèrent sur les touches doucement.
Les yeux fermés, les fins doigts de la jeune fille enchainaient les gammes et les arpèges et la mélodie semblait briser le silence qui semblait régner en maître en ces lieux. Il n’y avait plus d’orchestre. Plus de public.
Seule, elle paraissait s’émerveiller devant cet instrument magnifique, ses doigts s’amusaient habilement et la triste improvisation continuait encore et encore. On dit que la musique guérissait les pires mots mais elle ne comprenait pas encore pourquoi. Elle jouait pourtant depuis si longtemps, mais elle s’était tellement enfermée aussi que beaucoup de chose lui échappaient.
Pourquoi aimait-elle tant jouer ? Pourquoi pouvait-elle s’exprimer à travers ces touches ?
Ses doigts lui faisaient mal. Elle ne s’était pas encore arrêtée et ses doigts étaient encore congelés. Elle termina par un final plus joyeux plusieurs tons au dessus. Elle jouait frénétiquement puis s’arrêta soudainement. La fin.
Elle regarda ses mains comme si elle se perdait dans le vide. Elles étaient dans un sale état. Elle avait déjà la peau très sèche, ajoutons-y le froid glacial et tout ce qu’elle leur faisait endurer. Elle remarqua quelques gerçures. Du sang.
Karen s’essuya subrepticement les mains pour ne plus voir de sang puis souffla de nouveau sur ses mains tentant en vain de les réchauffer. A vrai dire elle tremblait toute entière tellement elle était peu couverte. Elle leva les yeux au plafond se perdit un instant puis ferma les yeux.
Stupid girl.
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« Kaname Hyo | Heartbreaker »

Tokyoïte ;

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MessageSujet: Re: Insomnia.   Dim 24 Oct - 3:09

Une séance photo. De celles qui dépassent l'horaire prévue. De celle qui vous épuiserait n'importe qui... N'importe qui sauf Hyo. Lui, ce genre de travail l'empêchait de dormir par la suite. Il le savait. Ca allait être impossible.
Quand tout était fini, il aida le photographe et le personnel à tout remballer. Il n'avait pas l'intention de partir se coucher, de toutes manières, et puis il aimait être utile. Même si tout le monde parlait autour de lui et que lui ne pouvait rien dire. Il ne cherchait pas spécialement à nouer de contact avec l'équipe, c'était juste qu'il trouvait ça normal. Au moins, dans le milieu, le Heartbreaker était apprécié pour cette humilité. En vérité, est-ce que c'était vraiment ça? Il n'y réfléchissait même pas vraiment!
A la sortie, les chemins de tous se séparèrent... Tout le monde rentrait chez soi, pour passer une bonne nuit de sommeil mérité après le dur labeur. Pas lui. Il faisait froid, même très froid, pourtant il se décida pour marcher, dans la nuit noire, au hasard des rues. Et la nuit, le froid lui faisait irrémédiablement penser à elle... Elle qui l'avait aimé et qui pourtant était partie. Elle qui à présent était mariée et sûrement heureuse. C'était pourtant de l'histoire ancienne, très ancienne mais il avait vraiment du mal, encore aujourd'hui, à l'oublier...
Il ne savait même pas où il était, précisément. Il avait marché là où ses pieds l'avait menés, sans réfléchir à un quelconque itinéraire. Soudain fatigué d'avoir repensé à elle, il se posa sur des marches. Elles étaient glacés. Peu importait. Il sorti un paquet de cigarettes de son gros manteau et porta une à ses lèvres. Le réverbère près de lui avait lâché... Dans le noir, la flamme joua quelques instants devant ses yeux... Une bouffée. C'était mauvais pour lui et il le savait. Ses cordes vocales étaient déjà hors d'usage de toutes manières, alors à quoi bon?
Sa cigarette terminé, il l'écrasa sur les marches. Normalement, il ne laissait jamais ses mégots par terre, mais cette fois pour une raison étrange il n'arrivait pas à la ramasser pour partir à la recherche des rares poubelles à disposition dans les rues de Tokyo. Puis alors, en se retournant vers le bâtiment qui était alors de dos à lui, quelque chose l'intrigua soudain. Quelque chose qu'il n'arrivait pas à définir. Comme guidé par une autre volonté, encore une fois, ses pas décidèrent pour lui de sa destination.
Il se retrouva dans ce qui semblait être un auditorium à l'abandon. Combien de personnes dans Tokyo connaissaient cet endroit? Pas beaucoup mais à priori, au moins une personne... Une personne jouant yeux fermés et ne semblant pas se rendre compte de son intrusion. C'était une occidentale. Elles étaient rares ici, encore plus rares que les coréens, comme lui... Pendant un instant, il hésita... Il risquait peut-être de briser un fragile équilibre en restant là... Fragile. De suite, sans savoir pourquoi, le mot le frappa.
C'était le mot qui convenait le mieux à cette ambiance. Fragile. Comme ne tenant qu'à un fil. Comme la vie en elle-même. Et l'amour, aussi... Il avait été heureux et le bonheur était parti. En un rien, comme on claque des doigts. Alors cette mélodie qu'elle jouait, il ne pouvait s'en défaire. Il ne pouvait plus partir. Il fallait qu'il écoute. Jusqu'au bout.
Le plus discrètement possible, il marcha jusqu'à la première rangée, et s'assit sur le premier fauteuil se présentant à lui. Ce n'était peut-être pas une bonne idée. L'endroit ne semblait pas particulièrement propre et son jean V***** flambant neuf n'avait pas forcément besoin de ça. Mais ce n'était pas vraiment important dans l'immédiat...
Il l'écouta patiemment. Pendant plusieurs minutes, yeux fermés lui aussi, il écouta l'air fragile et mélancolique se transformer et s'emporter pour plus de jovialité. Mais la fin fut tellement abrupte, que si ses cordes vocales avaient encore fonctionné, il en aurait sûrement lâché un cri de surprise.
L'occidentale blonde ouvrit les yeux... mais ne semblait toujours pas le voir. Elle lui sembla encore plus fragile en cet instant. Bien qu'il ne ressentait pas une attirance pour ce genre de filles, il y avait quelque chose chez elle qui le fascinait. Elle avait fermé les yeux à nouveau... et tremblait de tous ses membres. Ce n'était guère étonnant, il faisait froid et elle n'était pas assez couverte. Son sens des responsabilités l'empêcha de rester de marbre et de simplement s'éclipser discrètement, aussi discrètement qu'il était venu. Il se leva à nouveau.
Se dirigeant vers le piano, il enleva son manteau et arrivée à son niveau, le déposa sur ses épaules. Il ne savait pas vraiment pourquoi il l'avait fait. Il l'avait fait, c'était tout. Un claquement sur le sol se fit entendre. Son paquet de cigarettes... Sûr, il avait été repéré. Qu'allait-il bien pouvoir se passer, maintenant? Son intrusion n'allait-elle pas être ressentie comme une agression? Maintenant, il pensait qu'il aurait peut-être du ne pas se laisser guider ainsi par sa volonté...
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« Taylor Karen | Lully »

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MessageSujet: Re: Insomnia.   Dim 24 Oct - 13:06

La nuit, le silence, le froid. Qu’était-elle venue faire ici bon sang ? Se tuer d’avantage les mains ? Se rendre une énième fois malade ? Karen ne faisait vraiment pas attention à elle et ça sautait aux yeux, toujours malade, elle ne prenait ni même la peine de se soigner.
La jeune fille ne savait plus quoi faire, il faisait froid, elle était là, seule dans cet endroit stupide et ne faisait que se demander pourquoi elle ne dormait pas simplement comme tout le monde à cette heure-ci. Pourquoi elle était venue ici. Pourquoi tout. Les questions l’envahissaient de plus en plus, constamment et ça la fatiguait. Elle finissait par ne plus trouver de sens à sa pauvre vie.
Pourquoi tu es comme ça Karen ? Pourquoi tu te maltraite ?
Lully avait l’impression de se congeler sur place mais quelque chose s’était fait une place sur ses épaules, du tissu chaud. Elle n’eut le temps de se demander d’où cela venait et de se réjouir d’un peu de chaleur que quelque chose heurta le sol. Sursaut. Le bruit n’était pas énorme mais il avait brisé le silence prépondérant. Elle ouvrit les yeux subitement assez étourdie. Deuxième sursaut.
Un homme. Elle ne put s’empêcher de le fixer pleine d’incompréhension. Elle resta ainsi un instant puis secoua la tête et s’emmitoufla dans le manteau qui ne pouvait venir que de lui. Ca faisait du bien un peu de chaleur mine de rien.. Lully se tourna de nouveau vers cette étrange apparition et lui accorda un léger sourire pour le remercier. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi il était là, et puis surtout depuis quand, et comment il était entré là mais ce n’était rien. Elle n’était plus seule, et c’était la première personne qui lui offrait un peu d’attention depuis qu’elle avait débarqué dans cette stupide ville noire de monde. On ne sait quel réconfort elle était venue chercher ici..
Elle l’observa un instant. Il était beau, soigné et puis bien habillé. Il ne collait pas eu décor de l’auditorium à vrai dire. Celui-ci n’était pas dans un si piteux état mais la poussière était quand même là, et elle le plaignait, il ne devait pas se sentir à l’aise dans un tel endroit.
Elle ne comprit pas pourquoi ce silence était si pesant. Ils étaient là tous les deux mais aucun n’adressait la parole à l’autre, tout ne passait que par le regard. Lully n’avait toujours pas recouvré la parole mais c’était volontaire. Elle finirait bien par reparler un jour, avec une personne à qui elle a envie de partager des choses. Mas c’était quelque chose qu’elle s’était interdit à Birmingham.
Il était intriguant. Finirait-elle par comprendre ce qu’il faisait là? Et puis à vrai dire, s’il était là c’est qu’il l’avait entendu jouer. Alors, qu’en avait-il pensé ? De toute façon il n’y avait rien pensé à ça. Ce n’était qu’improvisation sans queue ni tête. Reflétant les sentiments du moment. S’il aurait voulu trouver suite logique, il n’en aurait surement pas trouvé.
Et puis subitement la question qui était semblait pourtant celle qui importait le plus, que faisait-il dehors à une heure pareille ?
Elle se souvient de l’objet qui était tombé et se détacha de l’inconnu. Elle se leva doucement et s’abaissa pour ramasser le paquet de cigarettes. Elle se redressa en fixant le paquet.
Ce n’est pas bien de fumer, se disait celle qui fume comme un pompier. Elle secoua légèrement la tête, une bishonen tel que lui ne devrai pas fumer.. Elle glissa le paquet dans une des poches du manteau qu’elle avait encore sur les épaules puis fixa le sol. Ne sachant quoi faire. Elle se torturait encore l’esprit avec toutes ces questions alors que finalement ca présence l’apaisait. Il avait quelque chose de rassurant. Et elle ne lui en voulu pas d’avoir fait intrusion dans son repère poussièreux.
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« Kaname Hyo | Heartbreaker »

Tokyoïte ;

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MessageSujet: Re: Insomnia.   Dim 24 Oct - 21:11

Il aurait pu partir... Il aurait pu même ne jamais rentrer. Il aurait pu tout ignorer et repartir en sens inverse... Il aurait fini par noyer le souvenir dans l'étourdissante ville, aux endroits noirs de monde qu'il fréquentais les jours de mélancolie, dans les endroits où le fait qu'il ne puisse par parler ne se remarque pas, car personne ne parle. Mais à la place, quelque chose l'avait mené jusqu'ici... C'était peut-être bien le destin. Si seulement le destin existait véritablement...
Et puis quand il était rentré ici, il avait été comme capturé par la fragilité qui flottait dans l'air. Comme un aimant, il lui avait été impossible d'aller à l'encontre de son attraction naturelle vers ce lieu, vers cette musique... Puis, ensuite, quand il l'avait vu trembler de froid, là, encore il n'avait pas pu lutter. Il sentait qu'il devait lui venir en aide. Quelque part, elle lui rappelait peut-être l'enfant abandonné qu'il avait été, autrefois...
Il avait posé sa veste sur ses épaules sans réfléchir d'avantage. Pourquoi une jeune femme aussi belle était là, seule en pleine nuit, à jouer du piano dans cet endroit désert? Elle l'intriguais... Et lui qui habituellement était secret et ne se laissais pas facilement approcher, il ne pouvait faire autrement que d'aller vers elle. Si son paquet de cigarettes ne seraient pas tombé, peut-être n'aurait-elle même pas remarqué sa présence... Voilà, c'était mauvais de fumer, surtout pour lui, encore une fois, il en avait ici la preuve!
Elle avait sursauté. Forcément, elle devait être surprise. Pour autant, elle ne bougea pas. Il aurait pu l'effrayer... Mais pas un mouvement de recul, rien. Lui non plus ne bougea pas... Elle le regardait. Hyo restait là, se laissant fixer. Que pouvait-il bien faire de plus? Après un temps, elle secoua la tête et le gratifia d'un sourire. Un sourire léger, qui semblait flotter sur son visage pâle. Son manteau qu'elle gardait sur les épaules semblait à présent faire parti d'elle. Hyo ne bougeait toujours pas. Il ne pouvait pas parler et mentalement, il s'en remercier. Les mots auraient brisé quelque chose. Alors, lui qui était souvent l'objet de convoitise, qui était habitué aux regards des autres se laissaient simplement fixer, comme ça, par cet inconnue...
Au bout d'un temps, seulement, elle se pencha, ramassa les cigarettes et les rangea dans le manteau. Ni plus, ni moins. Toujours aucune parole ne traversaient ses lèvres. Peut-être était-elle comme lui... C'était peut-être ça qui l'avait mené jusqu'à elle, ici. Ce lien invisible que les japonais appellent "le fil rouge du destin". Encore lui...
Calmement, Hyo s'assit à ses côtés face au piano. Il ne savait pas en jouer... Il savait beaucoup de choses mais pas ça. L'air qu'elle avait joué était une improvisation totale, il le savait. Ca avait été comme quand on couche sur du papiers des pensées les unes après les autres... Lui ne pouvait que faire ça pour s'exprimer. Il leva les mains... Instinctivement, il leur fit dire cette chose, simple: *Je m'appelle Hyo*. Trop peu de gens pouvaient comprendre le langage des signes. Il l'oubliait, souvent, tellement ce langage faisait parti de lui. Il tâta alors son jean, à la recherche du calepin qui l'accompagnait toujours. Il écrit d'abord en japonais: Boku no namae wa Hyo, avant de se raviser et de l'écrire en anglais. Il fit passer la feuille devant ses yeux. Ce n'était pas utile qu'elle lui dise son nom à elle, d'ailleurs, il ne le demanda pas. C'était juste comme ça... Elle avait sans le vouloir révéler une partie de son âme dans ce morceau de piano improvisé, alors il lui dévoilait une toute petite partie de lui...
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« Taylor Karen | Lully »

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MessageSujet: Re: Insomnia.   Dim 24 Oct - 23:04

Elle le regardait encore. Elle ne pouvait détacher son regard du jeune homme à vrai dire. Encore une fois les questions lui taraudais l’esprit, pourtant ce n’est pas en le fixant d’une telle sorte qu’elle aurait une quelconque réponse. Etrangement il ne semblait pas gêné qu’elle le regarde ainsi avec insistance. Karen elle détestait ça, alors surement lui était habitué à ce genre de chose.. Lully n’aimait pas l’insistance en tout genre, cela l’oppressait, comme énormément de choses d’ailleurs. Alors elle finit par tourner le regard. Tant qu’elle le fixait, lui aussi avait tendance à le faire et elle été mal à l’aise.
Son doigt appuya doucement sur le do majeur. Elle ne comprit pas pourquoi elle eut une telle pulsion. Surement n’avait-elle pas l’habitude d’une telle situation et le malaise s’était petit à petit en elle. Elle se frotta les yeux, stupide reflexe pour tenter d’y voir plus clair, pour se calmer.
Doucement le jeune homme pris place à ses côté. Elle reposa subitement le regard sur lui et se posa un peu pour lui faire de la place. Cette initiative l’intriguait. Cela voulait-il dire qu’il souhaitait rester un peu en sa compagnie ? Il ne se serait pas attardé là si ce n’était pas le cas n’est-ce pas ?
Tandis qu’elle le regardait, il leva les mains et sembla s’exprimer en langage des signes. Lully ouvrit gros les yeux, déconcertée. Elle secoua la tête et baissa les yeux. Elle venait de se rendre compte à quel point elle était stupide. Elle n’était même pas capable de le comprendre et ça la foutait mal au plus haut point. Il avait quelque chose d’attirant qu’elle voulait connaître et elle ni capable de lui parler ni de le comprendre et ça semblait être la fin qu’elle n’avait pourtant pas souhaité.
Dépitée, la tête quasiment sur les touches du clavier elle l’entendit pourtant bouger. Plus il lui semblait entendre le frottement d’une mine sur du papier.
Lully releva doucement la tête tandis qu’il lui tendait un bout de papier. « Je m’appelle Hyo . » Il avait pensé à se rectifier et écrire en anglais. Elle lui adressa un de ses sourires aussi tendres et légers mais brefs. Elle comprit toute a valeur de ce silence qui s’était installé depuis le début.
Elle saisit le papier et se permit de lui prendre délicatement le crayon des mains et écrit en dessus « Karen. » tout simplement. Elle ne savait que dire de plus et n’avais aucune envie de s’imposer de plus que le papier était sien et qu’il ne serait correct d’y prendre toute la place.
Elle n’avait pas ce besoin de transporter un calepin ou écrire pour communiquer car ce n’était pas les cordes vocales qui défaillaient mais bien la volonté. Elle ne précisa pas ce détail insignifiant.
Pour le remercier d’avoir fait ce pas en avant, elle glissa ses doigts sur le clavier et lui improvisa une courte mélodie. Le ton n’était ni entrainant ni complétement triste. Juste plus ou moins agréable à entendre.
Lully espérait juste qu’il comprendrait ne serait-ce qu’un peu. Maintenant qu’ils s’étaient présentés qu’allait-il bien pouvoir advenir ? Les gens normaux discutaient non ? Que feraient-ils là tous les deux à ne pouvoir parler ?
Elle ne savait comment se comporter en sa présence et ne savait quoi. Elle comptait sur lui pour la suite des évènements. Surement un peu trop. Il n’y avait rien de très divertissant dans cette pièce. Des sièges vides. Un piano. Et s’était tout, mais ils devraient s’en contenter s’ils voulaient rester là, sinon ils auraient à sortir. Mais à cette heure ci qu’Mais à cette heure-ci qu’y avait-il à faire à par trouver le sommeil par n’importe quel moyen et dormir bien gentiment.
Elle se permit de saisir une des mains de Hyo et de poser un de ses doigts sur une touche pui une autre. L’incitant à exprimer quelque chose.
Elle ne pu pourtant pas s’empêcher de garder sa main dans la sienne un instant tout en feignant lui montrer quelques sons alors qu’elle ne faisait que profiter de la douceur et de la chaleur de ses mains ..
Elle la lâcha pourtant et sera le poing sur sa cuisse pour ne rien faire d’aussi déplacé. Ce n’était pas parce qu’il ne pouvait pas parler qu’elle pouvait se permettre ce genre de chose même si elles sont faites discrètement.
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« Kaname Hyo | Heartbreaker »

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MessageSujet: Re: Insomnia.   Lun 25 Oct - 1:29

Le silence, depuis presque dix ans, faisait parti de sa vie... Non pas qu'il était sourd, seulement muet, mais il avait préféré arrêter tout son quand il se retrouvait seul. Ne pas pouvoir chanter avec la musique, ne pas pouvoir répondre au téléphone, ne pas pouvoir faire de commentaires sur les films... Ca avait été difficile pour lui d'oublier tout ça, aussi, le silence était devenu son allié. Son meilleur ami... Rares étaient les gens avec qui il pouvait vraiment communiquer. Bien entendu, il gardait toujours son calepin sur lui mais ce n'était pas pareil. Devoir écrire ce qu'il pensait donnait difficilement lieu à une véritable discussion animée.
Alors, là, avec elle, c'était presque parfait. Seul le son du piano résonnait, mais ce n'était pas pareil. Pour lui, c'était comme écrire, c'était exprimer quelque chose, une émotion. Une façon de dire ce que l'on a sur le coeur, sans prononcer un seul mot. Finalement, il se dit qu'il aurait peut-être du apprendre le piano. Lui qui ne savait pas comment faire sortir de lui un mal-être autre que par la violence. Et puis, comme elle avait sans le vouloir partager quelque chose d'elle, il avait voulu donner quelque chose de lui, lui aussi... Même si ce n'était que son nom. Au début, bien entendu, machinalement, il avait bouger ses mains devant elle, avant de se souvenir... Ce langage-là était loin d'être universel. Alors, il l'avait écrit, en anglais, heureux d'avoir bien étudier cette langue-là, tant qu'il le pouvait encore. C'était sans rien n'attendre en retour, et pourtant... Elle avait enfin levé les yeux, de nouveaux vers lui quand il lui avait tendu le papier. Et à nouveau ce sourire, ce sourire plus léger qu'une brise d'été, de celles qui glissent sur votre peau presque de manière imperceptible. Et elle donna elle aussi quelque chose en retour, contre toutes attentes. Son nom à elle. Karen. Hyo sourit lui aussi de manière très légère... Ca lui allait plutôt bien.
Elle joua à nouveau une mélodie. Rien de très long, sans aucune véritable connotation. Comme quelque chose en remerciement de l'attention qui lui portait. C'était déjà trop. Il n'avait rien attendu en retour et hérité de deux choses émanant d'elle. Mais que pouvait-il bien lui donner de plus? Lui, ne savait pas jouer de piano. Il ne pouvait pas parler, ni même fredonner, à peine pouvait-il pousser quelques gémissements quand il avait mal quelque part. Il songeait qu'il ne pouvait offrir rien d'autre à part sa présence, et son attention.
Pendant un instant, quelque chose de nouveau flotta dans l'air. Ils ne se connaissaient pas. Ils n'avaient pas même douter se croiser un jour. Pourtant, Hyo pouvait le sentir, quelque chose les unissait. Quelque chose d'indescriptible. Avec le temps, il avait beaucoup appris à saisir les choses que l'on ne dit pas, même beaucoup plus que les choses que l'on dit. Quoi de plus normal? C'était ainsi que lui-même s'exprimait. Mais... Karen ne parlait pas non plus. Pas un mot. Par timidité? Par peur de briser quelque chose? Les gens "normaux" finissent bien par parler à un moment donné... Mais elle ne disait rien.
Et puis, elle saisit une de ses mains et pressa son doigt contre une touche du piano. Hyo ne pouvait pas se retirer et ne le voulait pas. Il était temps qu'il donne lui aussi quelque chose. Aussi la laissa-t-elle presser ses doigts contre d'autres touches sans ne rien manifester. Ce n'était pas déplaisant, au contraire... C'était comme chercher à communiquer autrement, par la chaleur et non pas par la voix. Mais ça ne dura pas. Sans doute gêné par ce geste, elle lâcha sa main et serra le poing sur les cuisses. Il pouvait le ressentir aisément, elle devait avoir pensé que cela avait été de trop. Il ne fallait pas... Il avait accepté sans aucun soucis, avec naturel. Parce que ça lui semblait équitable. Et parce qu'il pouvait donner quelque chose de lui, ainsi...
Pour faire cesser ce malaise, une idée lui vint alors. Reprenant le calepin, il écrivit son nom en coréen, avec les traits que l'on utilise en calligraphie et le lui montra, avec les mots *My name in korean* inscrits dessous. Puis il saisit sa main doucement, pressa les touches pour feindre de jouer, se désigna et montra son prénom à elle, puis le sien. Peut-être ne comprendrait-elle pas ce qu'il voulait... Il aurait pu pester tout bas, il l'aurait fait. C'était peut-être trop dur, finalement, de se faire comprendre et il hésitait à écrire sur le papier, à nouveau... Finalement, il se décida et coucha quelques mots maladroits en anglais pour lui demander de lui apprendre quelque chose au piano. Il ignorait à quoi cela pourrait bien les mener mais pour prolonger encore sa rencontre avec elle, il n'avait réussi qu'à trouver cette solution. Peut-être, après, réussirait-il à trouver autre chose, de plus concret, pour lui permettre de donner de lui, à nouveau... Et sur bien moins superficiel, cette fois...
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« Taylor Karen | Lully »

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MessageSujet: Re: Insomnia.   Lun 25 Oct - 13:48

Karen ne pouvait s’empêcher de se sentir stupide face à Hyo. Elle le trouvait si fort et si courageux de faire face à quelque chose d’aussi énorme. Alors que finalement surement étais-ce quelque chose qu’il n’avait pas choisi et qu’il en souffrait très certainement même. Cela signifiait donc que Lully était profondément égoïste d’avoir, elle choisit de ne plus parler et que par simple respect pour lui elle se devait de lui dire, qu’elle l’avait choisi et qu’elle n’aurait jamais dû.
Mais elle n’était pas encore prête à parler, même à lui qui devait tant en souffrir, alors elle restera égoïste encore un peu. Mais elle était presque sûre que ça viendrait, qu’elle pourra reparler. Mais en même temps elle ne voulait pas avec Hyo, elle se sentait bien là, dans ce silence et la présence d’Hyo l’apaisait tellement qu’elle ne pouvait s’en résoudre.
Sa rencontre avec Hyo lui avait donc déjà apprise une chose. Or, au fond d’elle, elle n’avait pas l’impression de l’avoir choisi, elle se rendit simplement compte que les mots ne sortaient plus, que ça seule envie du moment était de s’enfermer pour toujours. Cependant, elle ne faisait que se convaincre que c’était comme ça et pas autrement mais qu’elle ne l’avait pas choisi, alors que c’était tout le contraire..

Hyo nota de nouveau sur le calepin après la misérable scène de je-te-prend-la-main-mais-je-fais-semblant-de-rien. Il y inscrivit quelque chose en calligraphie orientale. Elle observa minutieusement chaque trait, jusqu’à ce qu’il précise en dessous que c’était son nom en coréen. Elle trouvait ça joli. Elle n’eut le temps de réagir qu’il lui saisit la main. Elle sursauta brièvement, ne s’attendant pas du tout à sentir de nouveau le contact de sa main. Alors qu’elle essayait de tout faire pour justement cacher ses mains il semblait vouloir quelque chose. Elle crut comprendre par ses gestes qu’il voulait qu’elle joue, ou qu’elle lui montre pour qu’il puisse faire à son tour. Hyo, le précisa sur le papier, surement avait-il peur de ne pas se faire comprendre, c’est sûr que ça ne doit pas être facile de ne pas savoir si autrui de comprend comme il le faudrait.
Lully hocha la tête en le regardant. La main tremblante elle appuya sur une série de 4 notes et laissait place à Hyo pour qu’il répète, glissant ses mains sous le piano pour que son regard ne s’y attarde pas trop. C’était dans se genre de moment qu’elle finissait par avoir honte de ses mains. Elle était vraiment stupide à se griffer comme ça. Mais la panique ne lui permettait pas de se concentrer pour tenter d’arrêter.
Ils enchainaient donc les gammes simples. Puis de courtes mélodies pour qu’il n’ait pas l’impression de jouer pour rien. Et entre deux Lully cachait ses mains instinctivement. Jusqu’à-ce qu’elle oubli ce détail. Après tout peu importait.
Lully lui montrait consécutivement 4 notes, puis 4 nouvelles, puis le tout et ainsi de suite, pour qu’il ne se perde pas. Peut-être s’en souviendrait-il dans plusieurs mois, et qu’il repenserait ainsi à cette rencontre inattendue lorsque qu’il croiserait de nouveau un piano. Elle le regardait à la dérobée lorsqu’il tentait de répéter après elle. Karen ne savait pas trop si c’était trop compliqué ou justement trop simple. Elle ne se rendait pas compte quel pouvait être le niveau de Hyo. Surement n’en avait-il jamais fais puisqu’il lui avait demandé de lui montrer un peu, mais même dans ce cas-là elle ne savait pas trop comment s’y prendre, comment lui montrer sans qu’il se sente idiot devant l’instrument. Elle ne voulait vraiment pas ça, surtout pas.
Karen souhaitait qu’il passe un bon moment, qu’il se sente bien, comme elle e sent bien là en s présence. Elle se sentait d’ailleurs coupable de se sentir si bien. Elle ne pouvait savoir si c’était réciproque et avait en quelque sorte l’impression d’abuser de lui. De plus qu’elle avait encore sa veste sur les épaules, alors s’il souhaitait partir il ne pouvait vraiment le faire. Lully eut bien compris qu’il était poli et qu’il n’oserait surement ps lui reprendre la veste pour s’en aller tant qu’elle ne lui aurait pas rendu elle-même. Elle ne savait quoi faire. Avit-il vraiment envie d’être là ?
La jeune fille décida de laisser Hyo se débrouiller seul un instant. Elle ne voulait pas non plus l’oppresser alors elle le laissa jouer tout seul. Pendant qu’il jouait, Lully posa la tête contre le piano et ferma les yeux. C’était agréable d’écouter, même si le toucher était par moment hésitant et maladroit c’était tout à fait normal et elle ne pouvait qu’apprécier. C’est toujours gratifiant d’apprendre quelque chose à quelqu’un même si cela peut paraitre insignifiant. Elle restait là et écoutait sagement, reposée et apaisée. Elle pensait que rien ne pouvait briser ce moment si propice au calme.
Dans cette ville noire de monde Lully se sentait sourde. Le brouhaha permanent émanant des hommes eux même et de leurs stupides inventions ne faisait que la tuer à petit feu. Elle n’avait jamais réussi à lutter contre ses tendances agora phobique et elle pensait absurdement que c’est cette ville qui la guérirait ? Alors finalement, elle ne pouvait que profiter de cette instant de répit si rare dans cette énorme ville.
Karen releva doucement la tête et sourit à Hyo. Elle saisit timidement le crayon posé là et tenta tant bien que mal de réécrire le prénom de Hyo. Elle trouvait ça tellement joli et en même temps ça si semblait vraiment hors de portée. Elle dessina chaque trait doucement et calmement l’un après l’autre essayant de ne pas dénigrer son nom, ça n’était vraiment pas son intention. Elle voulait l’apprendre et s’en souvenir. C’était la première fois qu’elle écrivait ainsi, et ses traits étaient un peu hésitants mais le tout restait léger et plus ou moins joli. Le symbole fini elle reposa le crayon et ne put s’empêcher de sourire du résultat. Elle était contente.
Elle était contente de ne pas s’être endormi quelques heures plus tôt et d’avoir décidé de venir tuer le temps ici. Surement ne l’aurait-elle jamais rencontré sinon. Elle n’aurait pu se rendre compte ce qu’elle perdait évidemment mais Lully avait l’impression qu’elle avait besoin de rencontrer quelqu’un comme lui. Et non plus quelqu’un comme lui, mais lui-même précisément. Peut-être lui apprendrait-il à s’exprimer autrement et Karen avait besoin de ça. Elle avait besoin de contact de de chaleur humaine. Elle avait besoin de s’ouvrir un peu et de laisser sa cage de côté bien ranger là où elle ne pourrait plus jamais s’y enfermer.
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Lun 25 Oct - 17:43

Ce n'était pas la première fois qu'il décidait de ne pas rentrer chez lui et de ne pas se coucher après le travail. Tokyo, comme Séoul dans sa jeunesse, était une ville qui ne dormait jamais. L'insomniaque peut toujours trouver refuge auprès d'autres insomniaques, bien que ces endroits-là n'étaient pas spécialement chaleureux. C'était de la chaleur artificiel qu'on y fabriquait. Ca lui était arrivé à lui aussi, de céder à ces artifices. Pas tellement ceux proposés par l'ivresse ni par la drogue, ça, ce n'était pas son truc. Il diluait plutôt sa peine et son insomnie dans le mensonge d'une étreinte. Oui, il avait eu des aventures des soirs, il avait touché des peaux et humé des parfums d'inconnues, auxquelles ne rien dire ne paraissait pas étrange. Un semblant d'échange... Tout le contraire d'Elle. Et tout le contraire aussi de sa rencontre avec Karen.
Il ne cherchait plus à savoir ce qui l'avait mené jusqu'ici. Peut-être était-ce le souvenir de son amour perdu, car elle aussi jouait du piano. Certes, moins bien que Karen, mais il lui arrivait de faire quelques mélodies piur Hyo au temps où elle était à lui. Au temps où elle l'aimait... Tout ça avait cessé, un jour, presque soudainement. Comme sa propre voix. Peut-être qu'un jour, les projecteurs allaient cesser d'être braqués sur lui, du jour au lendemain, de la même manière... Peut-être que c'était ça, finalement, son destin...
Elle avait sursauter lorsqu'il avait saisi sa main, pour essayer de lui comprendre ce qu'il avait en tête. Ce n'était pourtant pas un contact différent de celui qu'ils avaient échangés quelques instants auparavant mais peut-être était-ce son initiative qui l'avait surprise. Il ne comptait pas lui faire peur, juste trouver un moyen pour que leur échange dure encore. Ils ne se connaissaient pas, mais pourtant, il se sentait plus proche d'elle que de n'importe qui auparavant. Elle portait une souffrance en bandouillière et elle en était touchante.
Après qu'il eu écrit ce qu'il voulait vraiment, elle comprit. En fait, il ne su jamais si elle avait compris avant même les mots ou pas... Mais elle avait accepté de lui montrer quelques gammes, de partager à nouveau un petit quelque chose avec lui. Chaque fois qu'elle lui montrait quatre notes à reproduire, dès que c'était son tour de jouer, elle cachait ses mains sous le piano. Elle semblait avoir particulièrement honte de ses mains. Pour Hyo, c'était le dernier outil lui permettant de communiquer avec les gens et elle non plus ne parlait pas, c'était donc étrange cette honte compulsive qu'elle avait des siennes. Pourtant, chaque fois qu'elles s'appuyaient sur l'ivoire du piano, il devait les regarder attentivement. Il avait bien remarqué les marques sur celle-ci... Ces marques-là témoignaient d'un vrai mal-être et il aurait aimé en connaitre la raison mais c'était trop indiscret, il le savait et même s'il aurait pu communiquer de façon traditionnelle avec elle, il ne lui aurait pas demandé. C'était comme ses propres cicatrices... elles étaient un témoin du passé et c'était toujours gênant d'expliquer en quelle occasions elles étaient apparut. Les traces sur les mains de Karen étaient de cet ordre-là...
Et puis, à force, peu à peu, sa honte s'effaça, comme un brouillard se dissipant avec l'arrivée du soleil. Intérieurement, il se sentait fière de cette confiance qu'elle lui accordait. En sa présence, il se sentait bien et libre d'être lui-même, comme si être lui-même et privé de parole n'était plus tabou, mais était au contraire plus naturel. C'était presque plus facile de communiquer avec elle sans voix, sans parole, sans mot, et il en comprenait beaucoup plus que s'ils avaient pu discuter à gorges déployés.
Au bout d'un temps, elle fini par le laisser jouer seul. Il avait réussi à mémoriser assez vite les notes enseignées. Elles n'avaient parut ni compliqués ni trop faciles, juste ce qu'il fallait. Alors bien sûr, il savait que c'était parfois maladroit et que ça n'avait rien à voir avec ce qu'elle avait joué tout à l'heure, mais pendant qu'elle fermait les yeux et qu'il jouait pour elle, c'était comme si, enfin, il lui rendait la monnaie de sa pièce et donnait aussi un bout de son âme dans ce morceaux improvisés de quelques gammes. Karen gardait la tête appuyée contre le piano et paraissait réfléchir. Que pouvait-il bien y avoir dans sa tête? Il l'ignorait mais ne savait pas vraiment s'il voulait le savoir... Il la voyait comme une boite refermant quelque chose de mystérieux qu'on aimerait bien ouvrir par curiosité et qu'en même temps, on aurait peur d'ouvrir, sans trop savoir pourquoi...
Elle releva enfin la tête et lui sourit. Un sourire toujours aussi fragile et mélancolique, mais un peu plus franc. D'elle-même, elle saisit le crayon et essaya de reproduire son prénom comme il le lui avait montré. Volontairement, il ne la regarda pas pendant qu'elle exécutait les traits, pour ne pas l'oppresser de son regard sur elle. Il continua à enchainer quelques gammes, plus timidement et ne releva les yeux que lorsque Karen eu terminé son oeuvre. Ce n'était pas trop mal pour quelqu'un qui n'en avait jamais fait... Elle pourrait sûrement rapidement s'améliorer avec un peu de pratique. C'était à son tour de lui apprendre quelque chose.
Hyo glissa le crayon entre ses doigts et lui saisit à nouveau la main, pour l'aider à tracer d'autres traits sur une page différente du calepin. La langue coréenne avait l'avantage de pouvoir rentranscrire tous mots ou noms, même étrangers, avec son propre alphabet. Patiemment, il l'aida à reproduire le K, le A, le R, ainsi de suite. C'était plus long et plus complexe que son propre prénom mais avec de tels mains aussi agiles, il n'avait aucun doute sur sa réussite. A la fin, il constata avec fierté le résultat. C'était un travail commun. Et de celui-là, il en resterait une trace. Il arracha la feuille et la remis entre ses mains à elle. C'était son cadeau. Tout ce qu'il pouvait offrir pour le moment, hormis sa présence et sa chaleur. Un tout petit morceau de eux deux en souvenir... même s'il se disait que c'était dommage d'en rester là. Il avait trouvé en elle comme une sorte de muse libératrice, pour ses soirs d'insomnies...
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Lun 25 Oct - 22:16

Karen lui apprit une mélodie avec patience. Elle avouerait volontiers qu’il était bon élève. Il écoutait attentivement et reproduisait ses gestes avec précision et rigueur. Il avait vite compris et vite appris, c’était parfait. On croirait difficilement que c’était sa toute première leçon, et le maître était fier de son élève.
Elle fermait les yeux et écoutait agréablement la mélodie qu’il jouait et les sentiments qui émanait de lui lorsqu’il ne faisait plus qu’un avec l’instrument. Elle aimait l’écouter. C’était différent de jouer et de s’écouter soi-même. Se poser tranquillement, se détendre en écoutant quelqu’un jouer c’était bien tout autre chose. Etrangement elle se rendait bien compte que c’était également différent d’écouter un inconnu qu’un ami. A vrai dire elle considérait Hyo plus comme un ami qu’un inconnu maintenant. Même s’ils ne se connaissaient toujours pas, il y avait cette partie de chacun qu’on ne connaissait qu’en écoutant le cœur de l’autre, et c’était ça qu’il se passait entre eux alors il n’était plus tout à fait un inconnu. Mais il ne serait un ami qu’à partir que lui il penserait le même.
Lorsque Karen eut fini de réécrire son prénom, Hyo observa et ne semblât pas insatisfait. Cela l’a rendu davantage fière du résultat. Il lui saisit la main il lui glissa le crayon, Karen, se laissa faire docilement et remarqua qu’il traçait avec sa main. Elle profitait encore une fois de la chaleur de sa main. C’était la première fois qu’un homme la touchait depuis qu’il était parti et cela la déstabilisait un peu, mais elle ne pouvait se réduire à le repousser, c’est vrai que c’était agréable.
Elle ne comprit pas de suite où il venait en venir, il était pourtant flagrant qu’il l’apprenait à écrire quelque chose. Alors elle observait tranquillement et se laissait guider par cette mais qui recouvrait la sienne. Elle eut même l’impression qu’il faisait partir d’elle un instant. Mais il écrit les lettres de son prénom en alphabet arabe et elle sorti de son état second. Son visage s’illumina. Elle se rendit compte qu’ils venaient d’écrire main dans la main son prénom. C’était vraiment trop mignon et Karen était très touchée. Elle observa le papier, c’était plus long que « Hyo » mais tout aussi joli, ces écritures orientales sont vraiment belles. Elle avait particulièrement apprécié ce moment, ce contact et ne savait quoi faire, elle était heureuse de ce geste qu’il venait de faire.
De plus, Hyo décrocha la feuille du calepin et le remit à Lully. Elle fut prise d’incompréhension et ne savait comment réagir. Certes elle était très heureuse de garder ce souvenir mais comment le lui faire comprendre et surtout le remercier ? On pouvait surement lire sur son visage qu’elle était à la fois contente et à la fois prise au dépourvu.
Elle regardait fixement la feuille qu’elle avait entre les mains. Et réfléchissait à un moyen de le remercier comme il le fallait. Elle allait instinctivement lui déposé un chaste baiser sur la joue mais se ravisa avant d’arriver trop près de son visage, elle ne voulait pas qu’il l’interprète mal, il n’y avait là aucune arrière-pensée mais sait-on jamais. Elle baisa les yeux et saisie une autre feuille. Et prit le crayon.
Lully fixait les symboles qu’ils venaient d’écrire mais ce rendit compte que c’était bien compliquer alors elle mémorisa le premier symbole, cachait la feuille et tentait de le réécrire. Elle du tricher une fois car elle ne se souvenait plus bien, mais elle pensait plutôt bien s’en sortir. Cela prit un certain temps mais elle voulait faire ça bien peu importe le temps que cela prenait. Elle posa alors les deux papiers l’un en dessous de l’autre et compara. C’était assez ressemblant au final.
Doucement, elle caressa ce qu’elle venait de s’appliquer à écrire du bout des doigts comme pour y inscrire ses empreintes au plus profond du papier. Lully pencha la tête sur le côté en fixant le papier un instant. Elle ne savait pas si elle devait lui donner comme elle avait prévu de le faire. Peut-être n’était-ce pas suffisant ? A vrai dire il est plus au moins facile de recopier quelque chose. Cela ne venait pas complétement d’elle. Mais c’était grâce à lui alors elle se décida et lui tendit finalement le papier. Pour qu’il garde quelque part un petit souvenir d’elle. Après tout il pouvait en faire ce qu’il voulait maintenant. Le bruler même, c’était à lui de décider maintenant.
Lully rangea ensuite gentiment ses mains sous le piano. Et resta sage. Elle ne se rendait pas compte tu temps qui s’était écoulé. Depuis combien de temps étaient-ils là tous les deux ?
Il lui semblait impossible de répondre à cette question mais comprit que le sommeil commençait peu à peu à la gagner mais elle voulait irrépressiblement rester là malgré tout. Elle tâta le haut de sa jupe à la recherche de poches. Pas de chance, aucune poches, elle n’avait donc rien pris à part les clés. Stupid girl. Elle n’avait d’ailleurs même pas fait attention à la façon dont elle était habillée. Elle cessa de chercher ses clopes comme une enfant en manque de bonbons et eut subitement honte de son accoutrement. Elle n’y aurait pas prêté attention si elle avait été avec un quelconque autre homme mais dans la sphère d’intimité qui s’était formée entre eux elle était morte de honte il est vrai. Karen s’efforça de tirer sur les pans de sa jupe pour la rallonger.
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Mar 26 Oct - 14:14

Donner et recevoir en retour... Son concept des choses s'approchait plus de l'inverse: recevoir et donner en retour. Longtemps, il n'avait été qu'un gamin égoïste et capricieux qui espérait recevoir quelque chose en retour pour tout ce qu'il donnait... C'était peut-être ça, dans le fond, qui avait cloché avec elle et qui l'avait décidé à le quitter. Pourtant, Hyo avait pensé qu'il la rendait heureuse. Mais le bonheur... comme toute chose, dépend du point de vu des gens. Elle ne voulait pas vivre dans ce monde de silence, elle voulait entendre du bruit, de l'agitation, elle voulait vivre et non pas survivre. Et pour ça, elle lui avait infligé de survivre à son tour, au lieu de vivre. S'il n'y avait pas eu son travail, il se serait sûrement noyé dans la douleur de l'avoir perdu à jamais.
C'est ainsi qu'il avait changé de précepte et qu'il appliquait ce changement auprès de Karen. Evidemment, ce n'était pas tout à fait pareil, car dans le fond, même s'ils se livraient des choses profondes, il ignorait encore tout d'elle... mais il avait envie de savoir. En même temps, non. Elle était comme une boite que l'on meurt d'envie d'ouvrir pour la curiosité de voir ce qu'il y a dedans mais que la peur nous empêche d'aller vérifier. Même si la peur ne s'explique pas.
En saisissant sa main et en lui apprenant à calligraphier son prénom en coréen, Hyo avait voulu lui donner quelque chose en retour pour ce qu'il avait reçu. Quelque chose qui pourrait rester avec le temps, beaucoup plus clairement que le souvenir d'une mélodie partagée dans un auditorium à l'abandon. Qu'il reste une trace de eux deux. C'était un travail d'équipe et ce travail d'équipe était tout spécialement fait pour elle.
Une fois l'oeuvre achevé, il esquissa un léger sourire, plutôt fière du résultat. Elle se débrouillait vraiment bein pour quelqu'un qui n'en avait jamais fait. Oh, bien sûr, il l'avait aidé mais il faut avoir une souplesse, une agilité des mains et une grande rigueur pour la calligraphie... Vu son talent pour la piano, ce n'était pas très surprenant, dans le fond. Hyo arracha le papier sur lequel ils avaient oeuvrés ensemble et le glissa dans les mains de Karen. C'était le but premier de cette oeuvre, un cadeau qu'il lui faisait, rien que pour elle. Un souvenir de cette rencontre étrange...
Le regard de Karen a ce moment-là lui fit comprendre que les mots pouvaient tout de même avoir leur importance. Elle paraissait triste et désorientée... S'il avait pu parler, il lui aurait certainement précisé son fond de pensée mais c'était impossible. Pendant quelques secondes, il pensa à lui expliquer, s'apprêta à lever les mains... avant de se rappeler et de se raviser. Il eut l'espace d'un instant l'impression qu'elle se rapprochait de lui mais ça ne dura pas. Et bientôt, elle détourna le regard et choisit une nouvelle feuille dans le petit calepin et prit le crayon.
Fixant attentivement leur travail collectif, elle se mit enfin au travail. Hyo ne préférait pas voir. C'était gênant et oppressant quand quelqu'un vous observait faire quelque chose, il le savait bien et il ne voulait pas l'oppresser, justement... Alors il fit de son mieux pour focaliser son esprit ailleurs, appuyant sur les touches du piano au hasard, improvisant de-ci de-là quelques très courtes mélodies. Finalement, à force de les jouer l'air de rien il avait fini par bien mémoriser les gammes apprises par Karen. Ca ne faisait aucun doutes qu'elle arriverait au même résultat avec la calligraphie...
Il attendit bien gentiment qu'elle se manifeste à lui de nouveau. Du coin de l'oeil, il l'observa qui caresser le papier, suivant du bout des doigts les traits qu'elle y avait couché. Il fit comme si de rien n'était et attendu encore. Finalement, à son tour, elle lui offrit ce souvenir... avant de poser de nouveau ses mains sous le piano, comme une petite fille attendant un verdict quelconque. Hyo ne put s'empêcher de sourire... C'était vraiment très bien, pour une débutante, et même avec un modèle, rares étaient ceux et celles qui y arrivaient si bien au début. Les personnes fragiles sont souvent de grands artistes, il en avait ici une fois de plus la preuve.
Longtemps, il resta penchée à regarder le bout de papier dans ses mains. C'était étrange... Il se rendit compte que c'était la première fois qu'il voyait une calligraphie d'un mot occidental. Et ça ne choquait pas...Mais comment avait-elle pu arriver ici, dans ce pays qui n'accueille pas les étrangers, de plus, occidentaux avec la plus grande gaieté de coeur du monde, dans ce pays lumineux au coeur sombre? Il brûlait d'envie de lui demander... mais n'était peut-être pas encore tout à fait prêt à ouvrir la mystérieuse boite.
Après un temps indéfini, elle bougea de nouveau, tâtant son corps à la recherche de quelque chose. Que pouvait-elle bien chercher? Il n'avait pas remarqué jusqu'ici, mais elle n'était pas habillée de manière très chaude pour la saison. S'il n'était pas arrivé pour lui prêter son manteau, qui sait ce qui lui serait arrivé? Elle était très pâle, peut-être était-elle malade? Machinalement, il avança sa main et la posa sur son front. Hum... Il y avait peut-être un début de fièvre. Une chance pour elle, il avait toujours une boite de médicaments sur lui, à faire fondre sur la langue, au cas où... Avec ces séances photos de collection été que l'on faisait en plein hiver, c'était toujours plus prudent. Vu son métier, il ne pouvait se permettre d'être malade. Passant un bras près de sa taille, en espérant ne pas trop la choquer, il fouilla dans la poche intérieure de son manteau, à la recherche de sa fameuse boite... qu'il trouva mais fit tomber autre chose au passage...
Hyo se figea. Il savait ce que c'était... Elle avait virevolter quelques secondes pour retomber par terre. Il aurait du la jeter. C'était peut-être pour ça qu'elle continuait à le hanter, même après toutes ces années, car il ne pouvait s'empêcher de garder une photo d'elle. Elle qui l'avait tant aimé et qui était parti pour "vivre". Pour un autre...
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Mar 26 Oct - 23:53

Hyo avait souri lorsqu’il regardait ce qui Karen lui avait écrit, ou plutôt à peu près recopié. Elle en conclut que ce n’était pas trop mal et qu’elle devait s’en être bien sortie. S’il était content du résultat alors c’était le principal. C’était la première fois qu’elle écrivait ce type de calligraphie et elle devait avouer que ça lui plaisait bien, c’était intéressant. Et puis ce genre de travaux précis et rigoureux, elle aimait bien. Ça lui permettait de trouver un prétexte de rester seule en permanence. Et puis de toutes façons elle était seule sur Tokyo et ne connaissait personne alors la seule personne qu’elle avait à persuader c’était elle-même. Comme toujours elle se persuadait de beaucoup choses pour avoir l’impression de vivre mieux.
Le manque de nicotine se faisait sentir petit à petit, elle avait remarqué que Hyo fumait aussi alors si elle fumerait ici, ça ne lui poserait surement pas de problème. Cependant elle ne trouvait pas son paquet parce que forcément, elle n’y avait pas pensé. Elle ne savait pas qu’elle resterait si longtemps dans l’auditorium. Tant pis, elle attendra encore puisqu’il le fallait, elle n’avait pas le choix. Et puis tant qu’elle restait encore avec lui, ça lui allait comme ça.
Elle sentit subitement le contact de cette douce main encore une fois, mais sur son front cette fois. Elle eut l’impression que sa peau était froide, mais pas lorsqu’ils avaient écrit ou joué du piano. Elle leva les yeux et fronça les sourcils tentant de voir sa main. Elle glissa les yeux vers ceux de Hyo et lui accorda un regard interrogateur. A quoi pensait-il en touchant son front ? Pourquoi faisait-il ça ?
Elle se rendit compte que même si ce silence était apaisant on avait parfois besoin de se parler. Un peu au moins. Hyo dit à quoi tu penses ? J’ai envie que tu me parle.
Karen tremblait encore un peu mais elle ne s’en rendait pas tout à fait compte, elle avait l’impression d’avoir chaud parfois. La main de Hyo se sépara de son front et glissa le long de sa taille, elle la suivait des yeux mais fut surprise de la voir si près de son corps. Elle détourna brusquement la tête en fermant fort les yeux, elle ne savait pas ce qu’il avait l’intention de faire et ne savait pas comment réagir.
Elle sentit sa main l’effleurer et elle tourna la tête en peu plus. Elle comprit cependant qu’il cherchait quelque chose à l’intérieur de sa veste. Il fouilla quelque seconde et lorsqu’il retira sa main elle entendit un papier plus ou moins rigide toucher le sol. Subitement ses yeux s’ouvrirent et se déposèrent sur une photo qui venait de tomber au sol. Elle regarda à la dérobée Hyo. Il semblait déstabiliser, figé. Visiblement cette photo avait un impact très important chez lui et il semblait souffrir. Karen fronça les sourcils, elle avait mal de le voir comme ça. Elle se pencha et ramassa la photo pour l’observer un instant. C’était sûrement déplacé et elle n’avait pas le droit de s’octroyer tous les droits de telle sortes mais elle avait besoin de comprendre. De comprendre pourquoi ça le mettait dans ce état, elle ne voulait pas le voir comme ça, toute cette souffrance qui émanait de lui.. C’était une jeune femme, jolie. Elle comprit vite que c’était sa copine. Elle pouvait peut-être sa sœur, mais elle ne pensai pas.
Karen se mit à caresser les cheveux de la jeune femme et se tourna vers Hyo les larmes aux yeux. Bien sûr elle n’avait aucune idée du pourquoi il semblait si désorienté, mais il s’était passé quelque chose elle en était persuadée et elle comprenait en quelque sorte. Doucement, Lully s’approcha de Hyo, elle ne supportait pas le contact physique, elle avait peur mais elle avait besoin de lui faire comprendre que peut-être elle le comprenait. Elle ne savait pas très bien qu’est-ce qu’elle avait à lui prouver mais elle en avait besoin. Elle voulait partager cette souffrance. Elle était trop énorme pour qu’il la renferme comme ça. Maladroitement elle le regardait, tristement, elle avait mal. Mal pour lui. Lully se sentait proche de lui malgré le fait que techniquement ils venaient de se rencontrer et elle posa sa tête contre son torse tout doucement. Elle tremblait encore, à la fois de froid et de peur. Regardant la photo qu’elle tenait fermement entre ses mains, elle était là et écoutait son cœur. Il battait vite, beaucoup trop vite, il fallait qu’il se calme mais elle ne savait pas comment faire. Peut-être devait-elle lui dire quelque chose mais encore une fois elle ne réussissait pas. Aucun mot ne sortait et puis à vrai dire elle ne saurait pas quoi lui dire. Hyo calme toi s’il te plait. Ça ira. Ça ira..
Lully se sentait de plus en plus mal. Tout ça lui fit penser à « lui ». Peut-être qu’ils avaient ça en commun aussi. Mais tous deux n’avaient pas besoin de ça maintenant. Elle s’efforça d’oublier de vider sa tête. Elle ferma ses yeux violemment et les serrait très fort en se recroquevillant. Une forte bouffée de chaleur se fit ressentir et elle se mit à haleter. Mais elle n’y porta pas attention, Hyo l’inquiétait, elle avait peur de ce qu’il pouvait s’être passé. Elle savait pertinemment qu’il pouvait s’être passé quelque chose de très grave.
Elle attrapa sa main, oubliant totalement son malaise du contact physique et serra sa main dans la sienne. Elle voulait lui communiquer sa présence, s’il avait besoin d’elle. Ça ira Hyo, je suis là.
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Mer 27 Oct - 2:10

*Flash-back*
C'était un jour d'hiver, également... Un jour de froid sec mais mordant, un froid à vous figer les membres, un froid à faire couper la circulation du sang... C'était son anniversaire. Il est vrai que quelque chose avait changé depuis un certain temps, mais Hyo espérait que c'était juste une évolution naturelle. Après tout, c'était sa première véritable histoire d'amour...
Il avait sonné à l'interphone et avait senti au son de sa voix que quelque chose n'allait pas. Oui, car contrairement à lui, elle n'était pas muette, elle pouvait parler. Mais élevée avec un jumeaux sourd, elle avait appris le langage des signes par la force des choses et c'était prise de passion pour cette façon de s'exprimer. Comment l'avait-elle reconnu? C'est simple, ils avaient un code... Cette façon de sonner n'était que la sienne, il ne pouvait donc s'agir que de lui.
Et quand il était arrivé et qu'il lui avait tendu son bouquet de fleur, elle n'avait pas réagit. Plutôt que de sourire et de la remercier, comme il le pensait, elle avait laissé ses bras tomber le long de son corps et lui avait ordonné mollement d'entrer. Il le sentait... mais se refusait toujours d'y croire. Alors il était resté devant la porte, il ne s'était pas installé ni rien... Il était resté là, sans bouger, son bouquet à la main.
En langage des signes, elle avait alors commencé...

*Je suis désolée, Hyo. Mais... *

Il aurait pu intervenir de quelques gestes, mais il n'en avait plus la force. C'était ça, alors... Ces deux années où il pensait l'avoir rendu heureuse, il n'avait fait que l'enfoncer un peu plus dans un silence, qu'en fin de compte, elle haïssait. Non, il n'avait pas pu faire le moindre geste pour intervenir. Tout ce qu'il avait pu faire, c'était lâcher le bouquet par terre et repartir. Partir loin d'ici... Sans se retourner, il avait courru. Sans se retourner, il avait été noyer son chagrin dans l'alcool, lui qui ne boit jamais, et le diluer complètement dans le corps d'une autre, une autre qu'il n'aimait pas... Juste pour avoir une chaleur. Et quand il avait apprit qu'en plus, son mariage était proche, il avait cru qu'il coulait dans un puit sans fond et que jamais, il ne pourrait remonter.

*fin du flash-back*


Mais rien ne se surmonte un jour, voilà ce que le temps avait pu lui apprendre. Petit à petit, malgré tout, il avait oublié... ou du moins, il avait rangé quelque part ce souvenir douloureux. Mauvaise idée. Parce que chaque fois qu'il refaisait surface, il en souffrait encore davantage.
Quand il avait touché le front de Karen, qu'il l'avait senti si froide, il n'avait pas pu faire autrement que de s'inquiéter pour elle. Cette fragilité qui émanait d'elle trouvait un écho partout en lui, sans qu'il ne sache pourquoi. Il ne savait que son nom, il savait seulement qu'elle jouait du piano, qu'elle était sûrement seule mais il ne savait rien d'autre. Peut-être, mais tous les deux étaient plus proches que n'importe quoi d'autre. Il se sentait plus proche de Karen qu'il ne l'avait même été de... elle. Car il n'avait jamais su qui elle était vraiment, même en sachant tout de sa vie. Alors que Karen, il ne savait rien de ce qui l'avait mené jusqu'à cet auditorium à l'abandon, mais il avait l'impression de tout connaitre de son âme.
Pour ne pas qu'elle tombe malade Hyo avait glissé son bras près de sa taille à la recherche des médicaments qu'il gardait toujours sur lui. Il n'avait jamais eu l'intention de la mettre mal à l'aise et pourtant, il avait bien senti que quelque chose s'était crispé en elle... Sa manière de fermer les yeux et de détourner la tête... Avait-elle peur des hommes? Pourtant, il ne ferait jamais de mal à une femme, et jamais il ne se permettrait quelconque geste déplacé avec elle. Il s'était dépêché pour récupérer la boite de médicaments mais, seulement voilà... Quand il l'avait enfin attrapé, cette maudite photo avait alors glissé, virevoltant lentement sur le sol.
Alors pour Hyo le temps se figea. Il n'arriva plus à faire le moindre geste, comme ce soir-là... Il regarda Karen le fixer puis récupérer la photo comme s'il s'était détacher de son propre corps et qu'il se regardait de là-haut. Oui, pour sûr, elle vivait maintenant, et lui survivait en ce monde. Il travaillait, sortait avec ses amis, étudiait, mangeait avec ses parents, les aidait à la boutique mais lui, subissait les choses. Tué par l'amour. Karen caressa la photo d'un air mélancolique. Comprenait-elle qui elle était? Oui, sans doute... Elle se tourna vers lui...
Oui, elle comprenait, ça ne faisait pas de doute. Et elle partageait sa peine. Voilà, pour la première fois, ce n'était plus un échange mais un partage entre eux. Ses yeux s'étaient embrumés de larmes. Hyo n'avait jamais pleuré de sa vie. Pas une fois. Pas même quand elle l'avait quitté. Peut-être que ça irait mieux, s'il y arrivait, même une seule larme. La compassion de Karen lui enserrait la gorge, il en était reconnaissant mais ne pouvait toujours faire le moindre geste. Son âme n'était pas revenu dans son corps...
Le surprenant beaucoup, elle qui se figeait au moindre contact physique, elle s'approcha de lui. De plus en plus près, jusqu'à déposer sa tête contre sa poitrine. Elle écoutait quelque chose, sûrement son coeur qui battait. La photo, toujours entre ses mains. Là, alors, son âme regagna son corps, violemment. Tout ça ne servait à rien. Jamais elle ne reviendrait dans sa vie, c'était sûr. Aussi sûr qu'il était Kaname Hyo, surnommé le Heartbreaker, en couverture des magazines. Il réalisa alors que tout ce temps, il avait espérer qu'elle revienne. Et le souffle de Karen contre lui, lui fit comprendre quelque chose d'autre. Elle partageait sa souffrance car elle l'avait connue, elle aussi. C'était la même douleur qui coulait dans ses veines et la même qui les avait rapprochés. Ca devait forcément être un coup du destin.
Quand elle prit sa main et la serra dans la sienne, sa main glacée, alors une barrière jusque là impossible à briser venait de craquer. Ce réconfort, cette chaleur-là était bien plus vrai que ces étreintes faussement passionnés dans lesquels il se noyait avec d'autres femmes. Quelqu'un était là pour lui et il pourrait être vraiment là pour cette personne, également. Les larmes, celles-là même qui n'avaient jamais franchis ses cils, se mirent à couler d'elles-mêmes. C'était une inconnue elle aussi en souffrance, une rencontre chimérique et étrange qui avait permi ce miracle. Il bougea enfin... Passa son bras libre autour de ses épaules et s'abandonna à ce réconfort, tout en cherchant à lui donner la même chose, car elle en avait besoin aussi, il en était persuadé. Voilà qu'à nouveau, ils pouvaient partager quelque chose. De la chaleur... Ce qui manquait à cette ville pourtant si "vivante".
Il la serra contre lui et pleura en silence... Puis quand ses réserves lacrymales parurent à sec, il sorti la main qu'elle tenait, doucement et récupéra la photo. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Avant qu'il ne soit figé à nouveau, avant qu'il n'hésite à nouveau, il tira dessus et le "visage" se sépara en deux. Il aurait peut-être du faire ça bien avant... mais il n'y avait eu que Karen pour lui en donner la force suffisante.
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Mer 27 Oct - 20:52

Son cœur ne se calmait pas. Lully restait là toute recroquevillée et crispée contre lui à espérer qu’il se calme. Elle ne pouvait qu’espérer car elle n’avait aucun champ d’action, l’histoire en était les fondations mais elle lui était inconnue alors elle attendait et espérait de tout son cœur. Tentant le soutenir comme elle le pouvait, elle essayait de communiquer avec lui. Elle n’avait rien trouvé d’autre que la communication physique car l’orale lui était encore hors de portée, elle aurait bien voulu qu’ils communiquent simplement par télépathie.
Lorsque sa main attrapa celle de Hyo, celui-ci se mit à pleurer calmement. C’était discret et sans sanglots vraiment violent mais elle ressentait les sursauts de sa respiration et compris que les larmes coulaient. La raison à ça lui échappait encore, mais elle ressentit comme une délivrance, comme une souffrance qui avait besoin de cicatriser. Elle attendit patiemment qu’Hyo pleure, l’écoutant et lui serrant plus ou moins plus fort selon ses ressentis. Les tremblements s’accentuaient doucement et Lully se rapprocha de plus en plus sans réellement s’en rendre compte à la recherche de la chaleur corporelle d’Hyo. Comme ces plantes qui poussent vers le soleil sans savoir que c’est une force inéluctable et qu’elles ne pourront jamais changer de cap.
Hyo vint l’enserrer doucement et l’étreinte des deux inconnus fut complète. Son souffle ne s’arrangeait pas et elle continuait de haleter tandis qu’elle sentit quelques gouttes mouiller ses cheveux. Elle, e pleurait pas. Ce n’était pas de elle dont il était question alors elle laissa Hyo se libérer de cette douleur et oublia la sienne, partageant celle de Hyo. Ce bras qui l’enserrait était réconfortant et elle n’eut plus envie de bouger. La peur s’effaçait petit à petit alors que Hyo semblait se calmer. Il dégagea doucement la main que Karen tenait encore fermement et saisit la photo. Elle l’observait calmement et subitement elle vit les mains de Hyo déchirer la photo et la jeune femme se retrouver coupée en deux.
Karen fut prise de stupeur et lâcha un gémissement plaintif douleur qui ressemblait à un cri sans voix, ou un cri éraillé. Elle cacha son visage de ses mains et se recroquevilla, le visage sur les genoux. Elle ne comprenait pas ce qui lui avait pris. Pourquoi tu fais ça Hyo ? Non.. Elle était vraiment désemparée et l’incompréhension l’envahissait toute entière. Elle tentait désespérément de comprendre. Même s’il souffrait peut-être n’aurait-il dû jamais faire ça. A vrai dire son point de vu était surement subjectif car elle-même gardait aussi un souvenir de « lui » constamment sur elle. Mais il venait de briser ce lien avec cette jeune fille qu’elle ne connaissait pas et ne connaitrait jamais et il avait fait ça se violemment qu’elle en fut prise de cours. Elle ne pouvait comprend pourquoi il avait voulu briser ce lien qui apparemment n’était qu’un souvenir douloureux.
Gémissant comme une gamine, Karen était pliée sur elle-même et haletait encore. La fièvre n’arrangeait rien à cela. Elle se laissa tomber sur le côté sur les genoux de Hyo. Elle ne savait plus quoi faire et restait là comme sans vie les bras retombant dans le vide et le regard perdu. Elle aurait eu bien besoin de comprendre pourquoi il avait besoin de l’oublier comme ça. Qu’avait-il bien pu se passer ? Karen, pour sa part de voulait absolument pas l’oublier, ça lui semblait inconcevable alors encore une fois les questions se bousculaient et elle s’évertuer à comprendre.
Elle leva la tête et le regarda un instant. Supposant qu’il n’avait pas fait ça pour rien, elle sera les dents. Peut-être que c’était ça qu’il fallait faire, surement était-ce la meilleure solution pour re-commencer à vivre. Karen était enfermée sur elle-même depuis plusieurs mois maintenant et ne s’octroyait aucun bonheur et voulait qu’il soit la première chose à laquelle elle pense constamment pour ne pas l’oublier, pour qu’il soit avec elle pour toujours. Mais à quoi bon ? Jamais il ne reviendra et il était peut-être temps de le comprendre. Ce n’est pas parce qu’elle réapprenait à vivre qu’elle en était fautive et qu’elle l’oubliait nécessairement.
Tout ça se mit à potasser dans sa tête alors que son cerveau s’embrumait. Elle respirait fort et avait très froid. Et puis la fatigue la gagnait également. Cela mis à part elle se mit à caresser ce bracelet en argent avec un petit grelot qui s’agitait joyeusement à chaque mouvement, à chaque mélodie jouée au piano. Décidant alors subitement de rompre avec elle-même, elle fit comme Hyo et voulu briser ce souvenir. Elle respira un grand coup et saisit le bracelet, le détacha et de sa main tremblante le lâcha sur le haut du piano, écoutant son ultime mélodie, s’écrasant sur le bois laqué noir en un dernier cliquetis. Son bras retomba alors comme s’il fut inanimé.
La demoiselle semblait avoir perdue ses forces et se sentait faible. Elle leva les yeux vers Hyo. J’espère que tu vas mieux Hyo. Ça ira dis ? Promet le moi. Ne soit plus triste. Karen eut subite-ment l’impression de lui avoir volé la vedette par ce geste. Elle avait peur qu’il interprète mal maintenant. Elle venait simplement d’apprendre qu’il fallait vivre maintenant et non pas enfer-mée dans le passé. Mais ses pensées restées captées par Hyo et par sa douleur à lui. Elle n’en avait que faire de son état à elle et de sa douleur. Comprendrait-il qu’elle voulait partager ce moment, ces souvenirs douloureux avec lui ? Ça ira mieux maintenant.
L’envie de parler se fit oppressante mais c’était encore une fois trop difficile. Cela faisait déjà longtemps qu’elle était restée seule en permanence pour ne pas parler. Elle ouvrit la bouche mais elle ne fit qu’aspirer de l’air et se figea, se ravisa. Elle n’y arrivait pas. Lully aurait pourtant voulu lui dire qu’il irait mieux et qu’il ne devait plus être triste, qu’elle serait là quand il aurait envie de pleurer ou juste d’être avec quelqu’un, non pas pour discuter comme d’autres gens le feraient certainement mais pour écouter le cœur parler de lui-même et se réconforter. Comme ils le faisaient dans ce petit auditorium perdu. Elle seraient là, même pour lui, qu’elle ne connaissait depuis si peu mais pourtant tellement.
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Mar 9 Nov - 21:23

Dans le silence, serrés l'un contre l'autre, ils étaient resté enlacés... Mais l'étreinte n'avait rien d'amoureuse. Ce n'était pas de cet ordre-là... C'était du réconfort, de la compassion. C'était le partage d'une peine trop ancienne, encore trop vive et trop lourde à porter. Un vestige du passé venant constament gâcher le présent. La seule chose au monde qui avait réussi à lui faire verser des larmes, lui, lui qui n'avait jamais pleuré, pas même le jour où il avait appris qu'il n'était qu'un enfant abandonné, pas même le jour où on lui a dit qu'il ne parlerait plus jamais... C'était ce vestige meurtrier qui l'avait fait craquer et verser les premières larmes de sa vie.
Ici. Avec elle. Qu'il ne connaissait à peine mais avec qui il se sentait lié par une force mystérieuse, par un destin capricieux qui aime se jouer de nous. C'était d'ailleurs sûrement parce que c'était elle qu'il avait réussi un tel miracle. C'est à ce moment-là que Hyo avait compris. S'il voulait pouvoir guérir un jour de ce passé, s'il voulait pouvoir aller mieux pour de vrai, c'était maintenant qu'il devait prendre la décision de tout laisser derrière lui, et de tout reprendre à zéro. Alors, il avait pris la photo des mains de Karen, doucement, mais violemment, Hyo avait déchiré son image en deux. Comme pour dire "tu ne me feras plus jamais souffrir".
Mais Karen ne sembla pas le ressentir ainsi, à sa grande surprise. Sa bouche s'ouvrit, comme si elle voulait crier, mais il n'entendu pas vraiment de cri. Comme sous le choc, comme s'il venait de commettre le plus atroce des actes, elle s'était soudainement recroquevillée sur elle-même, horrifiée. Elle gémissait, semblait souffrir d'un mal terrible, on aurait dit qu'en déchirant sa photo, c'était le coeur de Karen qu'il venait de déchirer pourtant loin de lui cette idée. Il n'avait pas voulu lui faire de peine. Il avait voulu au contraire combattre la peine, faire que la douleur disparaisse avec cette image.
Lentement, elle se laissa retomber sur ses genoux, les bras ballant et le regard vide. Seul son souffle irrégulier trahissait le fait qu'elle soit encore ici. Il avait l'impression de l'avoir tuer, d'avoir tuer une partie de cette personne fragile qu'elle semblait être. Pendant un long moment, il n'arriva pas à faire le moindre geste, complètement prit d'assaut par la culpabilité. S'il aurait pu parler, il lui aurait expliquer. Ce n'est pas ça, Karen. C'est pour aller mieux, ne t'en fais pas. Reviens à la vie, ne meurs pas. On n'en a qu'une seule, tu sais. Mais il ne pouvait rien dire, alors il se contenta de rester là et de l'observer souffrir en silence.
Karen regarda Hyo, serra les dents. Puis elle eut comme l'air de réfléchir. A quoi pouvait-elle bien penser? Pendant leur étreinte, il avait senti qu'elle le comprenait parce qu'elle avait également ressenti la même émotion douloureuse que lui dans le passé. Avait-elle aussi quelqu'un qu'elle n'arrivait pas à oublier et dont le souvenir était tel un poison qui vous ronge de l'intérieur? Comme si elle avait su, comme pour répondre à sa question muette, elle arracha soudainement ce bracelet qu'elle portait à son bras depuis le début et le reposa sur le piano. Un souvenir à effacer, sans doute, aussi... Pourtant, il lui avait semblé que sa résignation était différente. Et puis, c'était peut-être de là que venait cette fragilité qui semblait émanait de tous les pores de sa peau.
A nouveau, elle ouvrit les yeux vers lui, ouvrit aussi la bouche. Aucun son n'en sortit. Elle ne semblait pas muette, comme lui, pourtant elle n'avait pas prononcé un seul mot elle non plus, et paraissait ne pas parvenir un en prononcer un seul. Il tendit la main et caressa sa joue, pour lui signifier que ce n'était pas grave, qu'elle pouvait prendre son temps. Elle n'avait aucunement besoin de se presser avec lui, il attendait. Il attendait qu'elle aille mieux. En attendant, sa joue était glacée. Elle allait réellement finir par tomber gravement malade si ça continuer...
Alors avant toute chose, il décida de récupérer cette boite de médicaments. Avec douceur, comme une mère à un enfant, il lui fit ouvrir la bouche et déposa la petite pastille sur sa langue. Ca irait mieux après. Lui aussi s'était laissé dépérir après son départ. Il ne fallait pas. Ca irait mieux après. Toujours. Si nous sommes en vie, c'est qu'il y a forcément quelque chose de mieux à venir pour nous. De nouvelles rencontre à faire.
Patiemment, il attendit que le médicament ai fondu, continuant à caresser doucement sa joue. Ca irait mieux après. Il ne fallait pas qu'elle se laisse gagner par la peur du passé, désormais il était là pour elle. C'est ce qu'il tenta de faire passer comme message à travers ses gestes.
Ensuite, enfin, il récupéra son carnet et écrit quelque chose. Peut-être que ça n'avait pas d'importance. Mais il se souvenait encore du regard effrayé de Karen lorsqu'il avait déchiré la photo. Il voulait bien tout lui expliquer. Pour qu'elle comprenne. En espérant qu'elle aurait la force de lui expliquer à son tour, pour le bracelet. Il ne marqua que quelques mots, en anglais: "Her name was Kumiko. She used to love me".


Dernière édition par Kaname Hyo | Heartbreaker le Mer 10 Nov - 21:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Mer 10 Nov - 14:20

Karen ne se rendait pas compte. Peut-être que le fait de vouloir se détacher de ce souvenir était quelque chose de bénéfique. Mais ça décision à elle n’était pas aussi réfléchie et saine, elle avait juste voulu faire comme lui, elle avait voulu l’accompagner dans cette démarche qu’il avait pris si subitement. Mais Ce n’était pas la même souffrance, l’impression faisait qu’elles étaient même mais aucun des deux connaissaient l’histoire de l’autre, alors comment réellement savoir ? Lully pensait que c’était trop tôt et soudainement elle se demanda pourquoi elle avait fait de même. Mais peu importait finalement. Tôt ou tard elle aurait eu besoin de cette déchirure, de cette césure avec le passé. Il fallait qu’elle revive, alors Hyo lui avait montré le chemin en rompant avec son passé le premier. Elle ne voulait plus y réfléchir, tant pis si elle avait fait le bon choix, et tant mieux si ce geste lui permettrait d’avancer. Pour l’instant c’était fait et elle ne pouvait plus revenir en arrière.
La tête sur les genoux de Hyo, elle réfléchissait. Pourquoi si et pourquoi ça. Comme toujours toutes ces questions sans réponses. Ca vie ne semblait être qu’un ramassis d’incertitudes et ça commençait à la lasser fortement et elle ne trouvait plus de sens concret à sa vie. Elle regardait Hyo. Il était là. Il avait l’air triste. Elle ne savait pas si c’était à cause de la photo. C’est sûr que ça ne pouvait pas être un geste si innocent et il devait forcément y avoir des répercussions dans son esprit. Ou peut-être pensait-il à autre chose. Parfois on aimerait lire dans les pensées des autres mais on se rend compte que finalement ce ne serait pas si bien que ça parait l’être. Chacun est libre de garder sa propre intimité et de pense à ce que bon lui semble alors personne ne devrait s’immiscer. Karen scrutait ses yeux comme elle semblait scrutait ses pensées.
Le bracelet était comme gisant sur le piano et elle ne voulait plus y accorder d’importance. Bien sûr qu’elle ne l’oublierait jamais mais il ne fallait pas qu’elle se laisse consumer par se souvenir, sinon autant mourir de suite.
Elle voulut lui parler mais la force lui manquait elle ne pouvait pas et à vrai dire qu’aurait-elle pu bien dire ? Ses lèvres bougèrent de façon incertaine et sans réelle signification. Elle n’arrivait pas à prononcer le moindre mot et Hyo vient déposer sa main sur sa joue. Elle ferma instinctivement les yeux au contact de cette douceur. Elle sentit de la compréhension. Elle sentit qu’il avait compris qu’elle n’était pas muette mais juste malade psychologiquement, et une reconnaissance l’envahit. Elle ouvrit les yeux et ses yeux s’embrumèrent violement en le regardant. Merci Hyo.
Il lui ouvrit doucement la bouche pour y glisser un comprimé finissant ce qu’il avait commencé tout à l’heure. Lully se laissa faire comme une enfant et ne prit pas la peine de savoir quel genre de pastille c’était. Ses yeux plongés dans les siens elle se mit soudainement à pleurer réellement. Silencieusement les larmes coulaient mais elle se sentait bien près de lui. Elle attrapa sa nuque de ses deux mains et se rapprocha de lui, glissant son visage au creux de son cou, au risque de le mouiller. Elle ne comprit pas pourquoi elle pleurait mais il semblait s’inquiéter pour elle. Cela faisait tellement longtemps qu’on ne s’était pas occupé d’elle.
Sa main continuait à caresser sa joue tendrement et elle se calmait rapidement posant sa main sur la sienne en fermant les yeux, profitant de cette présence exceptionnelle. Pourquoi tu fais tout ça Hyo ? Pourquoi t’es venu ici ? Pourquoi t’es resté ?.
Hyo bougea et Karen se dégagea doucement, essuyant du revers de ses mains l’humidité qui lui collait encore au visage. Il ressaisit le fameux carnet et y inscrivit une simple phrase qui révélait presque tout finalement, dans la simple nuance du « used to ». Alors elle comprit que Kumiko était parti volontairement, qu’Hyo pourtant l’aimait énormément. C’était le genre d’histoire qui fait toujours mal même à long terme. Quand on pense que tout va bien, qu’on s’aime et que rien ne peut nous arriver.
Je pensais aussi être plus forte que tout. Mais la vérité nous dépasse pourtant si vite et sans se soucier de nos ressentit et la souffrance se fait reine.
Saisissant à son tour le rayon, la demoiselle jeta un regard triste vers Hyo, et fit de même. « His name was Eric. He died few months ago. ». Elle ne précisa pas plus. Et encore moins que c’était son propre père qui avait fait une telle chose. Bien loin l’idée de l’effrayer et de le faire fuir dès maintenant. Non, elle voulait qu’il reste encore un peu. Qu’il fasse un bout de chemin avec elle. Alors, ils guériraient surement, tous les deux. Encore une fois Karen ne comprenait pas ce qui avait déclenché ceci, pourquoi cette rencontre, pourquoi se sentait-elle si proche de lui, elle avait l’impression de le connaitre alors que en réfléchissant un peu, elle savait peu de choses. Mais ce peu de choses étaient essentielles.
Un silence s’installa un instant. Karen ne se lassait pas de le regarder. Puisqu’ils ne pouvaient pas discuter et que tout semblait passer par le regard et les gestes. Elle ne se sentait plus oppressée et même s elle était encore gênée, elle pouvait rester près de lui, elle ne pensait pas qu’Hyo puisse lui faire du mal alors insouciante elle restait là, profitant de cet instant avec lui. A vrai dire, elle ne savait pas si elle le reverrait un jour. Elle ne savait pas qu’il aurait envie de la revoir, elle-même savait à qu’elle point il pouvait être pesant et difficile de s’occuper d’elle.
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Jeu 11 Nov - 1:06

Encore et toujours le silence. Ce précisément qui l'avait fait fuir. Une communication sans mot, sans bruit avait fini par l'effrayer. Par finir par la faire revenir sur ses sentiments, ce qu'il croyait être du bonheur. Au départ pourtant, ce silence avait été la pierre de lance de leur relation. Elle aimait cette osmose parfaite entre eux qui faisait qu'ils n'avaient rien besoin de se dire pour être bien ensemble. Et puis ça avait fini par la lasser. Elle avait commencé à chercher le bruit, la foule... C'était un signe, pourtant Hyo n'avait rien vu. Rien vu du tout.
Ici, avec Karen, le silence prenait un autre sens. Une signification nouvelle. Tellement inédite qu'on n'arrive pas très bien à la décrire... Il se sentait coupable. Rompre avec elle, ce passé auprès d'elle, c'était rompre avec les blessures mais il semblait que pour Karen, c'était autre chose. Après tout, son histoire devait être différente... Pourtant, à son tour, elle avait effectué un gest de rupture en arrachant ce bracelet pour le poser sur le piano.
Depuis, tête sur les genoux de Hyo, elle réfléchissais à quelque chose dont elle était la seule au courant. Il ne pouvait lire ss pensées comme elle ne pouvait lire les siennes... C'était dommage car à cet instant, il aurait aimé que cela soit possible. Juste pour sonder un peu le mystère. Mais c'était idiot. Les secrets ne sont pas des secrets pour rien. Et on ne les révèle pas pour rien non plus. Il faut une raison. Une bonne raison.
Quand elle avait voulu parler, les mots étaient mort avant même de pouvoir traverser ses lèvres. Peu importait... Il se doutait qu'au fond, elle voulait sans doute lui dire des choses à voix haute mais que, brisée, elle en était incapable. Ca n'avait pas d'importance... Il comprenait. Elle n'avait pas à se brusquer. Caressant sa joue pour essayer de lui faire passer ce message subtil, il vit ses yeux se remplirent de larmes soudaines. Des larmes silencieuses. Ce n'était plus des larmes de souffrance, comme lorsqu'il avait déchiré la photo, c'était de celles qui vous font du bien. Des larmes réparatrice. Sans cesse, elle le regardait, ses yeux faisaient eux aussi passer un message.
Lui aussi l'observait... Sous ses doigts, sa peau était froide, en plus d'être pâle. Se nourrissait-elle correctement? Faisait-elle attention à ne pas prendre froid? Cela lui paraissait évident que non. Et lui faisait de la peine. Bien entendu, il n'avait aucun droit de lui ordonner de faire attention à elle, d'ailleurs ce n'était pas son intention, seulement... Il ne voulait pas la laisser dans cet état-là. Alors il récupéra le médicament et le glissa dans sa bouche. Elle se laissa faire, telle une enfant docile. Qui était-elle avant tout ça? Avant cette souffrance? Si elle savait ce que lui avait fait par le passé... Ces bagarres qui lui avaient valut ces cicatrices, ces fugues... Mais dans le fond, c'était là aussi la souffrance qui l'avait guidé. Et il avait plus tard trouvé le bonheur. Elle aussi, certainement, avait du trouver le bonheur un jour. La perte. La perte est ce qui fragilise le plus un être. Ses yeux plongèrent à nouveau dans les siens et d'autres larmes vinrent alors... Et pourtant, elle eu un geste qui l'étonna beaucoup, elle qui semblait craindre les contacts physique encore un peu plus tôt. Elle enroula les bras autour de sa nuque, laissant reposer sa tête au creux de son cou. On aurait dit un enfant perdu, s'accrochant à son père de peur de le perdre. De se perdre. Alors il la laissa faire, tout en caressant ses cheveux à la place, sentant les larmes venir humidifier ses vêtements. Qu'elle pleur de tout son soûl si elle le voulait! Si ça pouvait lui permettre d'aller mieux alors elle pouvait se vider de ses réserves lacrymales. Il attendrait que ça aille mieux. Ca devait aller mieux. C'était ça, vivre.
Pendant encore un moment, dans ce silence nouveau mais moelleux, il avait continué à caresser doucement sa joue, pendant qu'elle fermait les yeux. Les larmes séchaient... Les larmes sèchent toujours. C'est ce que l'on en fait par la suite qui compte.
Les siennes avaient finis par sécher. Et ce qu'il en avait fait ensuite était du gâchis. Dans les chaleurs d'autre, il avait essayé de l'oublier. Mais son parfum revenait le hanter, alors il avait tout fait pour avoir l'esprit occupé sans cesse... Mais le soir dans son lit vide de sa présence, elle continuait de le hanter. Pour qu'elle cesse de le hanter, il fallait qu'il cesse de l'oublier. Il fallait au contraire qu'il se rappelle de tout. Jusqu'à ce que le souvenir disparaisse, tout doucement... Jusqu'à ce que les contours s'effacent, deviennent plus fou et transforment la réalité en une sorte de rêve.
Il se détacha alors d'elle et récupéra le calepin. Tout allait être mis à plat et c'est seulement ainsi que tout irait mieux. Avoir déchirer sa photo n'aura finalement servit à rien, à part peut-être à être le déclencheur de tout ça. Si Karen pouvait elle aussi tout mettre à plat, qui sait? Peut-être pourrait-elle commencer à aller de l'avant également... Lentement, il écrivit son nom. Ca faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu écrit... Kumiko. She used to love me. Oui, un jour elle l'avait aimé mais c'était terminé. Il n'attendait pas de réponse de sa part, du moins, pas de suite... Mais elle écrivit elle aussi. Il allait savoir qui était la cause de son trouble et pourquoi...
Eric. Mort il y a quelques mois. Mort. Alors, c'était ça... C'était bien pire. Kumiko était bien en vie, heureuse quelque part et il lui en avait voulu d'être vivante, heureuse alors que lui ne faisait que survivre. Mais pour Karen il en allait autrement. L'homme qu'elle aimait était mort. Il n'y avait plus de possibilité de rien. Elle ne pouvait se réconforter en se disant qu'au moins, il souriait. Le vide était irremplaçable.
Il se sentait vraiment désolé pour elle. Et triste. Il aurait pu l'écrire "I'm sorry" mais être désolé ne réparerais rien. Son coeur devait être meurtri d'une telle perte et les mots, même couchés sur le papier étaient bien peu dans de tels circonstances... Vains et inutiles. Il ne savait pas quoi faire... Il savait juste que sa guérison de pourrait pas passer par les même stades que la sienne. Et en premier lieu, elle ne devait pas rompre avec la chose qui lui rappelait le plus son souvenir.
Hyo saisit le bracelet sur le piano et le glissa entre les doigts de Karen, fermant sa paume. Elle ne devait pas abandonner ça ici. Ce n'était pas la bonne méthode. Si elle voulait guérir, elle devait chérir se souvenir et se rappeler du temps où elle était heureuse. Pour que de là haut, s'il la voyait, il sache qu'elle aille bien. Il en était persuadé... Eric n'aurait pas voulu la voir si triste. Sur le papier, il écrivit quelques mots "be happy for Eric". C'était stupide et il aurait presque eu envie de se moquer de lui-même... Fouillant à nouveau dans son manteau, toujours sur les épaules de Karen, Hyo sortit son paquet de cigarette. Mauvaise habitude. Il ne devrait pas. Tant pis. On n'a qu'une vie. C'était tout ce qu'il avait trouvé pour ne pas rougir de lui-même...
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Jeu 11 Nov - 2:29

Finalement cet endroit était vraiment dans un piteux état tout comme Lully elle-même. On pouvait parfois ressentir quelques courants d’air qui se réjouissaient d’être le plus glacial qu’il soit. La poussière ne se gênait pas nous plus et qui sait ce qu’avait encore cet endroit en réserve ? Pourtant tout ce dont elle avait besoin ici c’était du piano, et le reste devenait dérisoires, peu importe l’endroit tant qu’elle y était seule et au calme, en tête à tête avec son piano et sa tristesse.
Hyo ne gênait pas et elle ne se sentit plus seule dès l’instant où elle posa les yeux sur lui. Il était plein d’attention et ça la rassurait au plus haut point. Il se coordonnait parfaitement avec cet atmosphère si particulier qui c’était si facilement fait propre aux deux personnes. Qui es-tu Hyo ?
La pastille avait fondue et Lully restait là sagement auprès de son bienfaiteur. La crise de larme était passée, son trop plein de reconnaissance c’était soudainement vidé et tous ces mercis qu’elle aurait voulu lui dire s’envolèrent vers lui, aussi simplement que ça. Il était si attentif et si compréhensif que Karen en était toute attendrie et se sentait rajeunir et avait l’impression d’être une enfant. Elle qui pourtant a une physique bien loin de l’enfantin, un certain décalage plus ou moins comique se faisait apercevoir et elle se sentait un peu stupide à vrai dire à se comporter comme une enfant, mais c’était comme ça et elle avait bien du mal à faire autrement. Surement avait-elle besoin qu’on s’occupe d’elle en ce moment. Mais Hyo, lui aussi doit avoir besoin qu’on s’occupe de lui..
Il avait perdu quelqu’un lui aussi. Pas vraiment de la même façon, mais il avait perdu l’amour, et elle savait ce que cela représentait, elle le vivait aussi et c’est bien à cause de cela qu’elle avait décidé de ne plus jamais tomber amoureuse, de ne placer Eric qu’en première position dans ses pensées et de vivre enfermée dans ce souvenir. C’était une mauvaise solution et elle l’avait compris, grâce à Hyo. C’était pourtant presque qu’incroyable qu’elle ne se soit pas suicidée après la mort d’Eric, elle qui ne vivait qu’à travers lui. Elle avait bien senti qu’il était étrange, qu’il était distant, alors au final, cette passion qui la dévorait l’a également empêché de faire telle bêtise. Alors à présent elle s’appuyait sur ses propres variations de l’histoire, elle se persuadait qu’il l’aimait énormément et oubliait cette distance qui s’était pourtant creusée.
Tu ne peux plus continuer à vivre dans un leurre Karen. Réveille-toi.
Ses yeux fixèrent la main d’Hyo qui saisit le bracelet et lui glissa dans la main. Quelques mots se posèrent alors sur le papier de par cette main si douce. Il lui demandait d’être heureuse pour lui. Et donc par conséquent de ne pas rompre si violement avec ce souvenir. Mais même si elle ne faisait que se voiler la face en pensant avoir était heureuse en permanence avec lui, elle savait qu’elle devrait finir par oublier. Du moins partiellement. On n’oublie pas un tel amour qui vous dévore si ardemment. Elle observa calmement le bracelet et finit par saisir le crayon de la main d’Hyo pour lui répondre. « Je pense qu’il ne m’aimait pas autant que moi. » Tout simplement. Alors elle remit le bracelet autour de son poignet sachant pertinemment qu’elle l’enlèverait une fois rentrée chez elle.
Elle aurait oulu lui dire la même chose, d’être heureux pour elle mais Karen pensa que ce n’était pas approprié. Elle se souvenu de la violence de son geste et du choc que cela avait provoqué en elle et se ravisa, elle ne ferait que le rendre plus triste en lui demandant une telle chose. Il semblait déterminé à l’oublier, partiellement aussi, mais plus ou moins définitivement. Il avait soudainement refusé de se laisser consumer par le souvenir d’un être cher et maintenant, elle comprenait.
Hyo, fouilla encore une fois dans la veste qu’elle avait encore sur le dos et en sorti le paquet de clope qui avait été le point de départ de leur rencontre à proprement dit. Elle le regardait patiemment sortir une clope puis l’allumer et se soulager de l’apport en nicotine et ne pouvait s’empêcher de le regarder envieusement. C’était pourtant involontaire mais elle aussi était en manque de nicotine mais ne le fit pas savoir. C’était une question de tenue. Ne disant rien, n’écrivant rien, elle le regardait encore, son regard se calma aussi et se résigna à fumer plus tard, ses propres clopes. Karen semblait ne jamais se lasser de l’observer. Il était plutôt fascinant à vrai et dire et sa présence était agréable. Elle posa sa tête sur le piano et le regardait fumer. Il était bourré de classe c’est sûr. Un sourire vient se dessiner sur ses lèvres tandis que cette pensée lui traversa l’esprit. Hyo pourtant, semblait gêné et il paraissait se cacher derrière ce geste, encore une fois Karen ne comprenait pas très bien, mais elle ne s’en préoccupa pas.
Elle se redressa alors soudainement. La veste. Surement Hyo avait-il froid. Il lui avait passé sa veste et Karen la gardait égoïstement sur ses épaules depuis le début et avait soudainement honte. Elle regarda ses cuisses qui lui paraissaient toujours trop peu couvertes et enleva délicatement la veste de ses épaules en la tendant timidement à Hyo. Tu devrais prendre soin de toi. Tu vas avoir froid Hyo, comme ça depuis tout à l’heure. Elle lui jeta un regard furtif, l’instant à saisir la veste et à se couvrir. Contrairement à lui elle n’aurait surement pas couvert Hyo elle-même, ne se sentant pas capable d’un tel geste.
Après quoi, ses doigts se posèrent instinctivement sur le clavier, ne résistant pas à l’appel de la mélodie. Elle se remit à jouer comme au début de cette rencontre. Un air doux et calme presque mélancolique, il ne manquait plus qu’une voix délicate pour en faire une accorte. C’est pour toi Hyo.
Ses mains vinrent alors ses poser sur ses cuisses et elle respira un grand coup et fixant les touches du piano elle s’efforça d’écouter le son de sa voix, douce et tendre qui s’était cloitrée au plus profond d’elle-même. Serrant les poings, la première syllabe n’était à vrai dire qu’un nuage d’air sans son. Elle sera un peu plus et se concentra ça n’était pas si difficile. Deux simples syllabes. Doucement, d’une voix un peu maladroite et presque inaudiblement Karen parvint enfin à ses fins..
« Hy [ .. ]. »
« Hyo .. »
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Ven 12 Nov - 21:51

Après tout ce temps, écrire son nom avait été si étrange... Kumiko. Juste trois syllabes. Un bonheur perdu, qui pourtant l'avait sauvé. Avant de le détruire à nouveau. Vraiment, voir son prénom couché sur le papier à nouveau était quelque chose de très étrange. Et puis les mots "she used to love me". She used to. C'était terminé et il était temps que ça se termine également pour lui. Ca faisait bien trop longtemps que cela durait.
Il n'avait pas cru qu'elle lui répondrait. A vrai, ça ne lui était pas venu à l'esprit quand il avait écrit les mots. Il avait juste cherché à lui donner une explication, lui qui s'en était voulu de cette souffrance qui était née sur son visage quand il avait déchiré la photo. C'était une façon d'expier sa faute. Aussi, fut-il réellement surpris de la voir répondre quelque chose.
Mais ce quelque chose ne fut pas du genre à le ravir. Bien au contraire, il ressenti une peine encore plus immense pour elle. Elle aussi avait aimé et aimait sans doute encore. Il s'appelait Eric. Il est mort. Encore plus irréversible que son propre destin, il trouva d'un coup sa souffrance ridicule et dérisoire en comparaison de celle de Karen. Elle avait vraiment un lourd fardeau à porter. Tout devenait plus clair, à présent...
Leurs deux cas, bien que similaires ne passaient pas par les mêmes voies de guérison. Il en était certain, il ne fallait pas qu'elle tire un trait aussi brutalement sur Eric et sur leur passé commun. Sûrement, elle avait été heureuse... Le bonheur aurait peut-être continuer, sûrement, aussi... Elle ne devait pas oublier. Oublier signifiait laisser mourir Eric pour de bon. S'il continuait à vivre dans ses souvenirs, alors il ne serait pas réellement mort... Pour ça, il saisit le bracelet sur le piano et le replaça entre les mains de Karen, fermant ses doigts délicatement sur le bijou.
Il écrivit à nouveau, puisque c'était la seule façon claire de communiquer qu'il possèdait. Sois heureuse pour Eric. Il fallait qu'elle soit heureuse pour lui, parce qu'il l'observait sans doute de là où il était, si vraiment... Si vraiment ces choses-là existent... Mais ces mots lui paraissèrent d'un coup un peu enfantins et idiots. Peut-être un peu trop simplistes, aussi... Il regretta d'avoir choisi ces mots-là, mais c'était trop tard à présent.
Loin de se moquer, Karen avait répliqué à son tour. Il écrivit que l'amour que lui portait Eric n'était sans doute pas aussi fort que celui qu'elle lui portait, elle. Puis elle remit le bracelet autour de son poignet, malgré tout. Il savait bien que, dans le fond, plus rien désormais ne l'arrêterait... Elle voulait consommer la rupture, il le pressentait, ne serait-ce que dans ces mots. Peut-être que Kumiko aussi, il l'avait aimé plus qu'elle-même l'aimait, lui. Jamais il ne s'était posé la question pourtant maintenant, il était évident que la réponse était oui. Sinon, elle serait resté. Sinon, pour lui, elle aurait accepté le silence.
L'envie de nicotine s'était soudain fait plus forte. Il fouilla alors la veste que Karen gardait sur son dos, à la recherche de ses cigarettes, celles qui tout à l'heure était tombée par terre et avait tout déclencher. C'était mauvais pour lui de fumer, avec ce qu'il avait à la gorge mais peu importait... Il fallait qu'il cache l'embarras qu'il ressentait encore par rapport aux mots qu'il avait écrit, et qu'il noit dans un écran de fumée le triste constat qu'il venait de faire. De toutes façons, ses cordes vocales étaient déjà hors d'usage, il n'y voyait pas une grande différence. Cela faisait presque dix ans, maintenant, et il s'y était finalement habituer. Il ne regrettait plus de ne pas pouvoir parler... Souvent, même, cela l'arrangeait. Ca l'empêchait de se donner trop à des gens qui ne le mériteraient pas. Il resta calmement, à fumer, essayant d'ignorer le regard de Karen sur lui. A vrai dire, il était habitué aux regards des autres et cet exercice ne comportait aucune grosse difficulté. Exclure le poids du regard des autres était son quotidien... Pendant les séances photos, les défilés, il y avait toujours du monde autour de lui, du monde qui ne regardaient que lui. C'était une routine idiote, bien qu'au début, il avait eu du mal à agir de façon naturelle avec tous ces yeux braqués sur lui. Mais ça allait mieux désormais. Supporter, l'air de rien, le regard de Karen lui était donc facile, même si... C'était plus embarrassant quand c'était elle, bien qu'il ne sache pas réellement pourquoi...
Il venait tout juste de finir, écrasant sa cigarette du pieds, qu'il avait jeté sur le sol, quand Karen eu une nouvelle réaction. Elle quitta la veste de Hyo qui était restée sur ses épaules tout ce temps et la lui tendit. Il resta sans un geste. Non, c'était pour elle, elle en avait bien plus besoin que lui. Pourtant, elle insista, sans doute gênée. Il la rattrapa alors pour la contenter mais ne le revêtit pas. Il attendit simplement, la veste dans les mains. De suite, sans plus attendre, elle se remit à jouer. Le silence n'était plus, mais cette mélodie, douce, était apaisante. Elle ne traduisait pas un malaise, elle ressemblait plutôt à quelque chose que l'on offre. Un remerciement...
Il n'en avait pas besoin. Il n'avait pas fait tout ça pour avoir un quelconque cadau en retour, matériel ou pas. Il avait fait tout ça parce qu'il se sentait touché par elle. Parce qu'il se sentait proche de Karen, de sa fragilité et de sa souffrance. Il l'aidait simplement parce qu'il avait envie de l'aider... Prise dans sa mélodie, il ne su pas si elle se rendait compte qu'il avait doucement replacé la veste sur les épaules de Karen. Lui n'avait pas froid, et n'était pas malade. Elle était la personne qui en avait le plus besoin ici même. A la fin de son morceau improvisé, comme elle en avait l'habitude, elle posa les mains sur ses cuisses.
Le silence à nouveau. Loin d'être oppressant. Nécessaire. Le silence que l'on apprécie autant qu'un air que l'on aimerait. Celui qui repose, qui apaise... Le choc fut alors immense quand il entendu tout bas, si bas que cela ressemblait à un murmure, le début d'un mot... Puis son propre prénom...
Elle avait parlé. Pas pour dire grand-chose, certain, juste deux syllabes, celles composant son nom, mais tout de même. Le son de sa voix, même aussi inaudible ejecta le sang dans son coeur comme jamais. Il avait cru que jamais il n'entendrait sa voix. C'était un signe, que, peut-être, elle pourrait guérir de ce mal un jour. Hyo en était ému comme jamais. Sans réfléchir, il le serra dans ses bras. Très fort. Comme si un miracle venait juste de se produire sous ses yeux. Non, pas comme si... C'était un miracle. Il n'arrivait plus à lâcher...
Il aurait aimé, lui aussi, pouvoir parler, lui dire combien il était fière, combien ces simples syllabes tout bas l'avait remué. Mais il ne pouvait pas. Et lui, il ne pourrait jamais... Mais alors il comprit. Si Karen pouvait arriver à un tel accmplissement en si peu de temps, rien n'était impossible. Les lendemains offraient de nouvelles perspectives...
Il défit son étreinte, enfin, la reposant plus gentiment en arrière. Il ne pouvait pas parler, non mais il pouvait encore sourire. Alors il lui sourit. De la façon la plus radieuse qu'il le pouvait. C'était tout ce qu'il était capable de lui offrir, pour le moment. Mais il se jura de trouver autre chose... Pour lui montrer qu'elle ne faisait pas ces efforts seule et qu'il était là, lui aussi...
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Sam 13 Nov - 0:47

Les mains sur les cuisses, elle les observait encore une fois se disant qu’elle devrait peut-être arrêter de les torturer. Elle sentit alors une chaleur sur son dos et posa les mains sur ses épaules. Du tissu, de la chaleur, son regard se tourna vers Hyo. Elle comprit alors qu’il était têtu et qu’elle n’avait pas la force de s’entêter à son tour alors elle resta sage et se résigna. D’accord, je le garde, mais tu le récupère quand tu as froid.
Le regard alors braqué sur les touches du clavier, elle se concentra un maximum et prix son courage à deux mains. Respirant un grand coup en quelque sorte pour se donner du courage, elle parvient au final à prononcer son prénom, malgré quelques hésitations. Elle devait s’avouer qu’elle ne savait pas trop pourquoi elle avait fait ça mais ce qui est fait est fait alors elle ferma les yeux, ayant peur de sa réaction. Surement se sentirait-il rejeté maintenant qu’il saurait qu’elle pouvait parler et que lui non. Elle n’aurait peut-être pas dû faire ça, mais elle en ressentait le besoin en quelque sorte. D’entendre le son de ce prénom. Et par la même occasion sa voix à elle qu’elle avait fini par oublier.
Soudainement elle se sentit tirée vers lui et ses bras l’enserraient. C’était-elle trompé ? Les muscles de Karen, contractés sous la surprise du geste, se décrispèrent et elle se blottie contre lui en souriant. Alors il le ne l’avait pas mal prit, et il semblait avoir apprécié. Alors, elle était heureuse. Hyo la serrait très fort, comme s’il avait peur qu’elle s’enfuit, ou comme pour lui communiquer quelque chose, un sentiment très fort, pour l’empreigne en elle-même. Karen sentit qu’il était comme bouleversé et s’en voulu un peu, elle ne comprit pas pourquoi il avait réagi comme ça, mais là dans ses bras, encore une fois elle se sentait bien, alors elle ne bougeait plus et profitait de ce moment.
L’étreinte dura un moment indéterminé et Hyo se sépara doucement de Karen et lui adressa un sourire magnifique. Un de ces sourires purement sincères qu’on ne voit que très rarement, et Lully s’en sentit très touchée. Instinctivement elle lui rendit son sourire, elle ne se rendit pas si le résultat était à la hauteur mais elle fit de son mieux, mais c’était loin d’être hypocrite, elle était vraiment contente d’être là, et qu’il la prit dans ses bras si naturellement, et puis ce sourire. C’était comme un soutient inégalable.
Lully saisit le crayon et écrivit sur le calepin ; « Apprend le moi en signe ». Peut-être qu’elle pourra apprendre à parler un peu comme lui, il se sentirait plus libre si elle peut comprendre quelques trucs. Pour l’instant, elle voulait au moins savoir son prénom. C’était son identité après tout, ce qui le représentait.
Elle attendit sagement qu’il se manifeste et l’observa. Chaque geste, chaque détail. Elle mémorisait chaque détail pour pouvoir les reproduire par la suite et s’en souvenir à long terme, pour si un jour, ils se reverraient. Elle ne voulait pas que ça se finissent si brutalement, ça pourrait être un souvenir, une rencontre inintéressante, mais elle était bien loin de l’être. Il y avait comme quelque chose d’invraisemblable. Ils semblaient s’entendre si bien, alors qu’ils ne se connaissaient que depuis quelques heures.
[ … ]
Lully avait tenté de reproduire le plus parfaitement possible les signes qu’Hyo lui apprenait avec patience. Et espérait qu’il en était fier d’elle. Peut-être pouvait-il lui apprendre d’autres choses ensuite. Karen trouvait ça passionnant et si ça lui permettait d’avoir un quelconque lien avec lui et de pouvoir le revoir, alors elle n’hésiterait pas. L’impression que cette amitié lui apporterait beaucoup prônait et elle espérait que c’était réciproque. Ensemble ils pouvaient avancer pensait-elle.
Après quoi, la demoiselle remercia encore une fois Hyo d’un signe de tête et se laissa glisser doucement sur ses cuisses le visage tourné vers son ventre cette fois. Elle se remit alors à haleter et essaya de capter la chaleur corporelle du jeune homme pour se réchauffer un peu. Elle songea que la fatigue prenait le dessus et qu’elle pouvait s’endormir à tout moment maintenant qu’elle se sentait bien en sa présence. L’insomnie était alors tout oublié et elle commençait à se laisser aller, à se sentir faible. Se rapprochant alors de plus en plus d’Hyo , elle replia les bras contre sa poitrine et restait là calmement. Sans même se soucier du fait qu’elle profitait de lui en quelque sorte. Surement ne voulait-il pas rester là à rien faire et de supporter une gamine qui avait besoin d’affection. Désolée Hyo. Je m’occuperai aussi de toi. Je te le promets.
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Lun 15 Nov - 3:22

A force de silence, c'était comme s'il pouvait entendre son propre coeur battre dans ses oreilles... Une sensation étrange. Alors quand Karen s'était mis à jouer du piano à nouveau, brisant ce silence fragile, pour une fois, il s'était senti rassuré par le "bruit". Hyo pouvait comprendre Kumiko et ses envies de fuites, à ce moment-là...
Mais il se demandait tout de même, tout en écoutant la douce mélodie, pourquoi le silence, l'absence de mots faisait aussi peur aux être humains. Ils étaient pu à trouver du repos et du bien-être dans le silence. La plupart des gens le fuyait et le voyait comme un signe de malaise alors que dans le silence, on pouvait trouver des réponses et ressentir des émotions plus fortes encore que celles que procurent la parole. Il en avait eu la preuve avec Karen, cette rencontre étrange... Tout cela était-il vrai, d'ailleurs? Ca aurait pu très bien être un rêve...
Quand la mélodie s'arrêta, elle posa ses mains sur ses cuisses, comme elle en avait l'habitude. Elle les cachait souvent, ayant honte des marques qu'il y avait dessus. Bien sûr, par bienséance, il avait fait comme s'il n'avait rien vu. Et puis, il ne voulait pas non plus qu'elle croit qu'il la prenait en pitié. Ce n'était pas ça du tout, d'ailleurs... Juste il n'y faisait simplement pas allusion, comme elle n'avait pas fait allusion de cette marque qu'il avait sur la joue.
Soudain, était venu le surprendre un murmure... Ca, il n'aurait pas pu faire semblant de ne pas le remarquer, tant la stupéfaction pouvait se lire sur son visage. Karen avait parlé... Bien sûr, ce n'était que quelques chuchotements tout bas, juste les deux syllabes composant son prénom, mais c'était quand même quelque chose. Il ne put retenir son émotion et la serra dans ses bras, le plus fort possible. Elle avait réussi... Tout irait bien, elle était sur la bonne voie. Loin de lui l'idée que tout cela était grâce à lui, il était bien trop modeste pour ça.
Quand il prit du recul, la relâcha doucement, vu qu'il ne pouvait exprimer ce qu'il ressentait par la parole, Hyo lui fait un cadeau. Cette fois, ce n'était plus de l'échange ou du partage, mais un geste gratuit. Il lui sourit. Du sourire le plus sincère qu'il pouvait avoir, pas celui du mannequin professionnel, celui de l'homme, heureux face à un effort accompli. Même si elle lui rendit son sourire, ce n'était pas ce qu'il attendait. Elle aurait pu ne rien lui donner en retour, ça lui aurait été suffisant... Mais puisqu'elle aussi lui faisait ce cadeau, alors il décida de le prendre et de le garder en lui. Un souvenir qui ne fera pas souffrir, au moins un...
Karen récupéra le carnet et écrivit quelque chose dessus. "Apprends-le moi". Elle voulait qu'il lui apprenne à dire son prénom... en langage des signes? C'était bien la première fois que quelque chose pareil arrivait... Habituellement, on lui demandait plutôt de lui apprendre le prénom de la personne qui était face à lui, jamais le sien à lui. Il fallait expliquer le pourquoi du comment. Il lui montra une première fois, à la vitesse normal.
*Je m'appelle Hyo*
Et puis, sur le carnet, il expliqua... "Hyo en coréen veut dire dévotion". Juste pour qu'elle comprenne le geste. Etrange prénom... Il l'avait toujours pensé. D'habitude, on accompagnait le prénom par un autre, mais sa mère avait choisie pour une raison qu'il ignorait et ignorerait toujours ce seul prénom.
Patiemment, il remontra les signes à Karen, plus lentement. Il détachait chaque syllabe avec soin, et expliquait sur le carnet à chaque fois pourquoi tel geste. Elle reproduisait, élève calme, attentive et discipliné et il ne perdait pas patience même lorsqu'elle se trompait, lui qui habituellement avait plus tendance à s'emporter. Pas avec Karen... Pas avec elle, parce qu'elle était différente. Du reste du monde.
Cette rencontre était chimérique. Hyo n'était même pas sûr, même en la vivant encore que tout cela ce soit vraiment passé. Et pourtant, au fond de lui, il savait que ce n'était pas un rêve. Etrange sensation... Un tel coup du destin ne pouvait être passager. Il en avait aussi la certitude... Quelque chose les réunirait à nouveau. Il voulait l'aider et sentait qu'elle voulait l'aider en retour. A tous les deux, ils pourraient se donner de la force et du courage. Être là les nuits d'insomnies quand tout vous chamboule tellement que vous ne pouvez plus manger, dormir, respirer...
Quand elle eut réussi à reproduire seule les gestes qu'il lui avait apprit, Karen le remercia d'un signe de tête avant de se laisser glisser sur ses genoux, comme un peu plus tôt. De nouveau, sa respiration accéléra... Mais ça ne lui laissait pas la même impression que plus tôt, sans qu'il ne sache pourquoi. Il la laissa faire, sans ne rien manifester à aucun moment, pas même quand elle replia ses bras contre lui. C'était une enfant fragile tombée de son nid dans un corps de femme. Ses yeux semblaient devenir lourds... Le sommeil avait l'air de finalement, la gagner...
Pendant quelques minutes, Hyo resta en silence à l'observer en train de dormir. Ce sommeil qu'elle avait eu tant de mal à trouver, il ne voulait pas le perturber. Il ne savait rien d'elle, pas même son nom de famille. Il ne savait pas où elle habitait, elle n'avait même pas de papier sur elle. Pourtant, il ne pouvait pas la laisser là... ni se permettre d'attendre qu'elle se réveille, car qui savait depuis combien de temps elle n'avait pas dormi? Alors si c'était la seule solution...
Doucement, pour ne pas la brusquer, il s'était écarté d'elle. Hyo réussit à mettre Karen sur son dos, sans la bousculer et sans la réveiller, tout en délicatesse. A vrai dire, ça lui avait prit beaucoup plus de temps que ça en prenait habituellement. Et à pas lent, sans se retourner, il avait quitté l'auditorium, cet endroit où il s'était retrouvé par hasard, à écouter une inconnue jouer une triste mélodie pour personne. Vraiment, cette rencontre était des plus étrange...

Lorsqu'il s'est réveillé, en début d'après-midi, Karen dormait toujours. Il l'avait installé dans son lit tandis que lui avait dormi sur le canapé. Tout ça n'avait pas été un rêve... A vrai dire, c'était encore plus étrange de la voir dans son appartement... Enfin, ça avait été la meilleure solution. Il prit une douche rapide, se servit un café avant de quitter l'appartement, pour retrouver son agent en ville. C'était délibérément qu'il avait préféré ne pas être là quand elle se réveillerait. Mais il avait tout de même laissé du café pour elle, et un mot à son intention. Un mot pour qu'elle comprenne que cette amitié-là, née dans des circonstances des plus étranges, était faite pour durer, et qu'il ne comptait pas en rester là. L'inconnue mélancolique avait réussi à devenir une amie très chère à ses yeux en une soirée... Le destin peut faire des choses tellement insolite, parfois...
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MessageSujet: Re: Insomnia.   Ven 19 Nov - 16:51

Souvent Karen avait l’impression de ne pas asse réfléchir, alors que finalement elle ne se rendait pas compte qu’elle réfléchissait trop, mais surement à des choses inutiles. Elle ne faisait que se triturer les méninges à se poser mille et une questions sans arrêt, et ce n’était surement pas ce qu’il y avait de mieux à faire.
Elle avait finalement eu envie de prononcer son prénom. Sans trop comprendre pourquoi comme d’habitude, simple envie, voire même surement un besoin qu’elle avait de lui montrer une certaine reconnaissance, et puis par ce même intermédiaire, une envie de lui montrer qu’elle ne valait pas l’oublier. Ils auraient très bien pu se séparer avant le matin et ne plus jamais se revoir. Et puis dans d’immense foule de Tokyo, ils auraient eu peu de chances de se re-croiser par hasard, il fallait se l’avouer.
Visiblement ça n’était pas vraiment l’intention d’Hyo, de l’oublier après ça. Elle le comprend lors de leur étreinte si soudaine. Quand Hyo l’avait prise dans ses bras et séré si fort qu’elle eut presque l’impression de faire partie de lui un instant.
C’était donc un peu chamboulé qu’elle le lui avait demandé, il ne le releva pas mais il avait l’air légèrement surpris d’une telle demande. Elle l’observait patiemment et il lui montra une première à vitesse normale semblait-il et c’est une peu déconcertée qu’elle l’avait regardé à ce moment-là.
Il lui expliqua alors qu’Hyo signifiait dévotion. A vrai dire elle n’avait jamais pensé que la signification d’un quelconque prénom pouvait influence le caractère de la personne mais étrangement elle pensa alors que ce prénom lui convenait parfaitement. Même si à vrai dire, elle ne savait pas à quoi pouvait-il être aussi dévoué, peut-être à Kumiko finalement. Mais elle n’y pensa plus rapidement. Ce prénom avait juste une connotation qu’elle aimait et elle l’aimait.
La demoiselle reprit alors rapidement la leçon pour ne pas prendre de retard de peur qu’ Hyo pense qu’elle avait la tête ailleurs alors qu’il le lui apprenait. Elle le regardait attentivement détacher chaque syllabes, et elle reproduisait calmement et précision chaque geste et reprenais encore et encore lorsqu’elle se trompait pu que le résultat final soit parfaite reproduction.

Karen n’avait pas dormi depuis presque deux jours et elle ne se rendit même pas compte que c’était près de lui qu’elle s’était endormi si paisiblement. Ca faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas eu l’impression de bien dormir, ses sommeils était toujours agités et pleins de cauchemars. Maintenant qu’elle sentait une présence près d’elle, qu’elle n’était plus seule ses nuits profondément horrifiantes, elle ne peut s’empêcher de se rapprocher le plus position de cette chaleur rassurante, qu’elle n’avait pas connu depuis si longtemps.
Sursaut. Lully se redressa brusquement et s’agita, regardant autour d’elle. Merde, j’suis où là ? Regardant affolée à droite et à gauche elle ne reconnaissait pas le lieu et commença à se demander que diable pouvait-elle faire dans un lit inconnu. Pas un bruit. Karen se leva doucement. L’autre partie du lit ne semblait pas avoir été défaite et elle était habillée, peu encore une fois mais ça la rassurait déjà. Elle s’avançait prudemment à pas de loup vers la sortie la plus proche. Elle ne reconnaissait décidément pas le lieu mais il semblait n’y avoir personne. Un papier était posée sur le plan de travail avec un stylo à proximité, elle avait posé les yeux dessus par pur hasard et avait lu sans même s’en rendre compte. Elle n’aurait surement pas dû faire ça et s’en aller d’ici avant que quelqu’un ne revienne mais elle comprit à la lecture de cette note qu’elle lui était adressée. Tout semblait maintenant plus clair, ses jambes lâchèrent et ses genoux heurtèrent violemment le sol.
- Hyo..
Sa voix, tremblante et presque silencieuse. Ses forces l’abandonnèrent sans réelle raison, elle se sentait coupable d’avoir oublié même si elle était persuadée que cette pseudo amnésie n’était que très temporaire. Alors elle se souvient de chaque détail de cette rencontre invraisemblable, et eu soudainement envie de pleurer. Alors tout ça avait été vrai, et elle était là les yeux rivés sur ce papier qui en disait temps. Il ne comptait pas en rester là alors ? Et bien elle non plus dans ce cas. Merci Hyo.
Se relevant doucement, elle se massa un peu les genoux et remarqua la cafetière encore allumée qui gardait du café au chaud. Elle essaya de trouver une tasse alors qu’elle se sentait particulièrement gênée de fouiller ainsi dans la vie de Hyo. Il avait peut-être simplement oublié de l’éteindre et elle avait mal interprété ? Trouvant le placard où se trouvaient plusieurs tasses, elle en saisie une faisant attention de ne pas la lâcher de sa main tremblante. Elle se servit un peu de café et le bu doucement et calmement assise par terre contre les placards de la cuisine, elle se mit à rêvasser et repenser à cette nuit. A vrai dire qu’elle heure était-il ? Depuis quand était-elle ici ? Et Hyo, où es-tu ?.
Après avoir terminée sa tasse elle resta là un instant à tenter de se remettre les idées en place. Elle se leva et lava sa tasse ainsi que celle de Hyo qui se trouvait dans l’évier. Après quoi elle s’avança dans l’appartement et remarqua des draps sur le canapé. Alors, c’est là qu’il avait dormi ? Ça devait être tellement inconfortable. Je suis désolée Hyo, vraiment. Lully saisit les draps et les posa contre son visage pour sentir son odeur avant de les plier et de les poser sur le canapé.
Elle aurait bien pu s’en aller pour ne pas encombrer Hyo plus que ça, et c’est ce qu’elle avait eu envie de faire, mais, elle n’avait pas les clés, et ne pouvait se permettre de sortir et de lasser l’appartement ouvert comme ça même si elle ne pensait pas que ce soit visible de l’extérieur. Elle se résolu donc à rester et attendre le retour de Hyo, quitte à l’attendre des heures.
Assise sur le canapé elle remarqua un cendrier et un paquet de clopes sur la table. Tentant de tourner son visage pour ne pas se laisser tentait elle essayait de penser à autre chose en vain. Le manque de nicotine était vraiment présent et lui torturait le ventre. Sans réfléchir elle saisit le paquet, en sortit une, la glissa entre ses lèvres et l’alluma. Un soupir de bien être se fit entendre. Ca faisait vraiment du bien après tant d’heures d’abstinence. Les clopes d’Hyo était légèrement plus forte que les siennes mais elle y prit goût et trouva qu’elles étaient meilleures. Doucement elle soulagea son corps de ses attentes en nicotine, savourant au maximum pour ne lui en prendre qu’une, c’était déjà assez malpoli comme ça.
Le mégot dans le cendrier, elle se leva ouvrir une fenêtre pour que l’appartement reste frai et n’empeste pas. A vrai dire elle eut l’impression d’être un peu chez elle et fut prise d’une gêne étrange. Dans la chambre, elle refit le lit puis se dirigea vers la salle de bain. Une serviette était pliée près de la souche et Lully s’aventura. Elle laissa ses habits sur le rebord de l’évier et entra sous la douche. L’eau chaude coulait sur son corps tandis qu’elle tentait de ne pas rester trop longtemps sous la douche et d’abuser de l’hospitalité de Hyo. Se séchant rapidement les cheveux avec la serviette pour ne pas qu’ils goutent, elle se mit la serviette autour du corps et alla fermer la fenêtre du salon qui commençait à laisser entrer trop de froid.
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